Ca date de 1999 !
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas les intellectuels. Je parle des intellectuels de gauche. Je pensai consacrer un autre jaimpa aux intellectuels de droite, mais jai réfléchi (bah je vous remercie !). Les intellectuels de droite nexistent pas. Cest pas que jaime pas les droitistes, mais ce qui est sûr cest que les gauchistes me gonflent bien et en particulier leurs intellos et autres BHL (qui pourtant participe à la ligne éditoriale de ce putain de magazine quest le point qui est particulièrement à droite).
Bref, à droite ils sont pas intellos, à gauche ils sont cons. Critique facile mais ça fait du bien de temps en temps. Bien, les guignols de linfo se sont complètement plantés. Dabord parce que la marionnette de BHL est nulle, il ressemble à rien et dit nimporte quoi, ce qui est faux. Ensuite parce que eux aussi se prennent pour des intellos satyriques alors quils ne font que rire (genre on maurait menti). BHL. Gros con. Petit con. Qui se tape cette belle conne de Dombasle. A la limite, je préfère JF Kahn, voire P Bruckner (non, les mecs, pas Brunner, lui, cest les chansons sur la 3). Eux au moins, ils font loosers tout de suite. Des vrais quoi, voire des collègues. Loosers de tous les pays unissez-vous ! Souvenez-vous de ce que Kahn et BHL nous ont pris la tête pendant la Bosnie (avant le Kosovo, ya quelques années. Si vous ne vous souvenez pas, je ne peux plus rien pour vous). Le looser défendant rien, lautre étant pro-bosniaque. Tout ça est question dattitude me direz-vous. Vous avez raison.
Lintellectuellat est un métier. Ces mecs sont payés par des institutions ou des couillons (quand vous achetez leurs bouquins, genre tous les nazes qui ont lu « le monde de sophie » en se sentant une fibre intellectualiste). Ce qui est délirant, cest quon entende des discours tel que « les intellectuels sont là pour faire avancer les choses, cest notre rôle dans la société. Nous devons guider la pensée ». Et là, le couillon te sort la plus belle « Halte à la pensée unique ».
Je ne suis pas dun naturel violent mais je casserais bien la tête à linventeur génial de cette expression (également pour dautres raisons
).
Les intellectuels ne sont jamais daccord entre eux (voire avec eux-mêmes, dur dilemme depuis lholocauste qui pourtant na vraiment rien à foutre ici). Au final, on a un problème et autant de solutions quil y a dintellos voire plus. En général, les solutions sopposent. Une seule est bonne. Yen a un dintelligent et tous les autres sont des intellectuels. Je nai pas dit nase. Jai dit intellectuel. Lintellectuel sest vu confier divinement un mandat de soutien aux plus débiles. Comme si les débiles écoutaient les intellectuels. Non, ceux qui les écoutent, ce sont les gens qui se croient intelligents mais qui sentent que la défaillance est fréquente. Les plus intelligents on arrêté de perdre leur temps à écouter les palabres de Bourdieu & cie.
Daucuns naiment pas les ingénieurs et scientifiques, ceux-ci parlant un langage que lon ne comprend pas entre autres raisons- mais les intellectuels parlent des choses de la vie avec un « langage » qui nen est pas un. Pour ceux qui ont fait un peu de philo dans le passé (sinon, ça viendra peut-être un jour), le langage permet de communiquer et facilite la pensée. Les intellectuels ont du boulot. Mais ça aussi, ça viendra, jai bon espoir que plus personne ne se prétende intellectuel à laube de 2100.
« Etre conscient de son ignorance, cest déjà en savoir beaucoup ». Qui a dit ça ? Alors, vous ne trouvez pas bande dignares ? Ne cherchez plus, je viens de linventer, faute de citations disponibles. Soyons daccord, cest nul. Cest le type même de la phrase toute faite qui ne transcrit quune bêtise ou une évidence. Ca, cest la phrase du jeune intellectuel immature.
« Etre conscient de son ignorance, cest se faire une représentation de lesprit qui encombre le tréfonds dans sa plus grande fonction, à savoir la consécration ultime de la régénération de lintelligence ». Clairement cette fois-ci, ça ne veut vraiment pas dire grand chose. Et bah cette fois-ci, cest un vrai intello qui parle, vu que cest pas moi
Nobod.
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas les dessins animés, films de science-fiction -débiles- jeux video et autres produits dérivés.
« Pistolet laser ! Transss-fooormation. Formation Bleu !!! » Ce vieil abruti de Goldorak se serait fait casser la gueule plus dune fois sil sétait retrouvé face à une bande de biomen
Ils sont de plus en plus forts, bossent maintenant en équipe, luttent contre le mal non sans violence (ou contre la violence non sans mal), deviennent des sex-symbols séducteurs hors pair. Bientôt, ils picoleront et fumeront des joints (des vrais branleurs, en somme), à moins quils ne se mettent à boire. Vous imaginez un héros de science-fiction alcoolique ? Là au moins, il y aurait quelque chose de créatif, de drôle. Il se brûlerait les paluches avec son épée-néon, se ramasserait quand ils ferait ses sauts à la star wars, vomirait en fin de film
Bref, on samuserait un peu.
Aujourdhui, les enfants admirent plus Luc Sky Walker éclatant Dark Vador que Robin des bois faisant la peau à ce salopard de prince Jean. Et pourtant, force est dadmettre que, quelles que soient les interprétations, Marianne nétait pas la plus moche du royaume et Robin la plus tarlouze du village. Dailleurs, ils ont acheté le jeu star wars et auront bientôt la « dream cast » pour tuer tous les méchants (cest le futur must en terme de console de jeux). Du temps de Target Renegade, quand on avait des amstrad, cétait de la bagarre propre et sans bavure. Cest devenu nimporte quoi. Il faut taper sur des ennemis à nen plus finir avec des armes différentes, tu as trois vies avant de mourir (ce qui permet à lenfant de se croire plus fort alors quil est en train de devenir épileptique, et aux parents davoir la paix un peu plus longtemps), tu passes pour un moyen-âgeux quand tu proposes à un enfant de jouer aux cow-boys et aux indiens (ce qui quoiquon en dise, était plus facile que de se mettre dans la peau de Dark Vador, lui, je ne laime vraiment pas).
Bref, on est en train de créer une génération dépileptiques névrosés pas foutus de se battre sans pistolet laser, qui ne savent plus jouer aux échecs et inventer des jeux, et qui remplissent leurs chambres de gros monstres horribles censés représenter quelque chose quon ne saisira jamais. Et de surcroît, ils ne savent plus communiquer entre eux.
Merci pour tout.
Non, ils feraient mieux daller voir Jeanne dArc la coquine, jouer au foot avec leurs copains et lire les six compagnons et le vilain fantôme. Le pire, cest que les adultes (les jeunes adultes) ne résistent plus non plus. Ils piquent les jeux des enfants, leur achètent dautant plus volontiers les jeux quils ont envie dessayer aussi.
En espérant que ça leur passe, et en attendant laurore, je vais certainement pas aller claquer 40 boules pour voir le dernier film de Dark Vador le gentil futur méchant. Mais quand ça passera à la télé
.
Nobod.
Mardi 02/11/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas les déprimés. Je sens encore quon va me faire un faux procès de mauvaise qualité. Tant pis, jaime vraiment pas les déprimés. Souvenez-vous des lépreux avec leurs capes noires et leurs crécelles sans lesquelles ils ne pouvaient sortir de leur mouroir. Ce nest pas quon les trouvait indignes de côtoyer le reste de la population mais une lutte drastique contre la contamination. Eh, bien, tirons des enseignements du passé. Dès quune personne se sent déprimée, quelle se balade avec une petite clochette en disant « je suis déprimée, ne mapprochez pas ». Dabord, il y aurait du jour au lendemain beaucoup moins de déprimés. Ensuite, ils déprimeraient moins les autres et ça ferait toujours moins de déprimés.
Bien, sans atteindre des excès quon qualifiera de racistes (ce qui na rien à foutre ici mais comme des nases vont le dire, je préfère les devancer), je crois que les déprimés devraient un peu cesser de se plaindre. Je devrais un peu limiter létendue du sujet. Si ta femme est morte ce matin (et que ce nest pas une délivrance), je comprends et je ne critique pas la déprime. Sauf que ce nest plus vraiment de la déprime mais du chagrin. Et je ne dis rien. Mais le petit pervers qui se lève déprimé parce que « aujourdhui, ça va pas », ménerve. Ya des enfants qui meurent de faim dans le monde. Elle est bien ridicule ta déprime. Cest la déprime du petit occidental qui mange bien, boit bien, dort au chaud et shabille neuf. Ce petit qui ne voit plus que son petit ego, son petit bonheur, sa petite déprime, ses petits problèmes, ses petites amies et son petit cur. Espèce de petit égoïste de merde, tiens. Elle est pas belle la vie ? Cest quoi le problème ? Ya pas de lézard, oublie le lézard.
Le petit déprimé arrive sans rien dire. « Tiens, aujourdhui, il est de mauvais poil.
-Non, pire, il est déprimé. »
Au départ, il faut sarmer de pincettes. Pour se donner une impression de grandeur, de discrétion et de sérieux, il ne décrit pas lorigine de sa déprime :
« Ca va pas, quest ce quil tarrive ?
- Rien rien », répond-il en bougonnant. Si tu le pousses (dailleurs, cest aussi souvent une fille, voire plus) un peu, il va se lâcher. Là, cest lerreur. Quand quelquun vous répond ce qui a été écrit plus haut, laissez tomber pour la journée, demain, Monsieur aura fini son boudin. Si vous insistez, il va vous faire comprendre que sa vie est un enfer, que tout est dramatique même sil est super fort (ego toujours), et quil en peut plus, tout ça en restant très évasif sur les origines de la déprime. Une bonne demi-heure de perdue, tout ça pour écouter des broutilles de la vie du genre :
« Je me suis engueulé avec ma copine et jen peux plus / Je me suis engueulée avec mon copain et jen peux plus »
« Je sais pas, jai pas le moral, tu comprends, cest trop galère en ce moment, avec le boulot, et puis tous les problèmes que jai
.. »
« Ouais, avec ce temps, je suis crevé, et puis le week-end était horrible »
« pffff, de toutes façons, la vie a aucun sens, jen ai vraiment marre » (lui, ne vous inquiétez pas, il bluffe).
Ah, cest engageant, des phrases pareilles. Elles nont rien de convaincantes et pourtant, rien de plus contagieux que la déprime. A force de rester avec des gens qui dépriment, on finit par adopter leur mode de non-pensée et on devient comme eux (cest comme la grippe).
Allez, faisons-nous plaisir. Une déprime = une engueulade ou un scandale. Si à chaque fois que quelquun vous ennuie avec « ses » problèmes, vous lui sortez un petit scandale, une dérision humoristique ou une engueulade du genre « tu vas te bouger gros lourd », ça va changer ! Et on ne sera plus déprimé et la vie sera que du bonheur et tout et tout
Nobod.
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas les collocs. Le sujet est épineux, dangereux (risque de fessée ce soir
), polémique à souhait, récurrent, mais je ne peux mempêcher den parler un peu. En ce moment, jai un colloc. Ben, ne te sens pas visé, ce que je vais raconter là est inspiré de faits réels, mais inspirés seulement. Et puis jai aussi co-loué avec une vieille donc
La collocation est un mode de vie qui nen est pas un. Le concept est sympa, convivial, festif, amusant, et il devient en réalité bordélique, ruinant, fatigant, alcoolisant and co. Pourquoi tous ça pour une simple vie en communauté ? Je nen sais rien mais cest bel et bien la réalité vécue par tant dentre nous.
« Ce salaud a laissé ses poils traîner dans la douche ». OK, cest vraiment un lieu commun. Il nen demeure pas moins que cest fréquent et que si Godzilla nen a cure de se baigner dans sa pilosité manifeste, ce nest pas universel comme bonheur. Pas universel, mais quotidien. Sauf quand le pervers ne se lave pas, bien sûr, auquel cas dautres désagréments tout aussi manifestes odorent gaiement une bonne ambiance mâle.
Linstallation en collocation se passe bien, sinon, cest vraiment mal parti. Ouais, cest cool, on se fend la gueule. Il arrive un jour où tout finit par être énervant. Cest fou comme un slip qui traîne est en soi dérisoire, mais rend fou certains jours. Rien ne vaut le contrat de société, un PACS de bonne volonté. On aura tout essayé. Les courses à tour de rôle, les tickets de caisse conservés avec partage pondéré des dépenses et ré-affectation statistique des frais conséquemment à la quantité ingérée individuellement, tout ça repris proportionnellement en fonction de la fréquentation (individuelle toujours mais invitations comprises) de la cuisine. Lenfoiré. Ce système était infaillible. Cétait sans compter sur la perversité du malpoli qui sarrangera pour « égarer » ses tickets, mettant à terre tout notre système légal.
La vaisselle. Nen parlons pas. On finit soit par se battre, soit par accepter le fait que bien que sale, la vaisselle nen est pas pour autant inutilisable. Il faut tout relativiser, notamment la crasse.
« Tiens tu as invité des amis ? » Encore une soirée à balancer des politesses aux amis de mon colloc. Les amis de mes amis sont mes amis, pas ceux de mon colloc. « Non non, vous ne me dérangez pas du tout, ça me fait plaisir de vous voir ». En aparté, tu évalue le temps quils devraient passer chez toi. Une heure et demi plus tard, il est difficile de ne pas manifester une certaine moue face aux discussions sans aucun doute intéressantes de ces messieurs, mais qui te concernant- ne tintéressent pas du tout. Faire confiance à lentente initiale des collocs est une profonde erreur. Ca ne dure souvent quun temps, et ce jour là, les règles doivent être établies. « Touche pas à mon jus dorange ». « Ne considère pas ma chambre comme ton salon ». « Si tu veux inviter du monde, paye leur la bouffe et accueille les dans ta chambre en bordel et pas dans la mienne rangée ». « Evite de jouer au foot dans la cuisine quand je dors ». « Viens te faire engueuler de temps en temps, ça me calme ». « Les poubelles ne sont pas ma chasse gardée ». « Touche pas à mon coca »
Le colloc glande. Il est chiant. Il voudrait ranger quand tu es content dans ton bordel, pousse tes fringues (ce sont les miennes dans ma chambre, touche pas) pour sasseoir dans le canapé, laisse sa chambre en bordel énorme quand vous recevez des gens, casse tes verres, squatte les placards accessibles, ne fait pas les courses même quand il a rien dautre à foutre, viens fumer dans ta chambre, se lève quand tu te couches (et vice versa selon les jours). Bref, un colloc, cest systématiquement déconnecté, et cest pour cela que cest invivable.
Parce que la vie dun colloc nengage que lui et que la tienne nengage que toi, il ny a aucune raison pour la partager, la vie, surtout si cest au quotidien. Il faut admettre, cher colloc, quautant je tapprécie comme invité, autant je tapprécie comme hôte, autant tu me gonfles comme colloc
Mais cest pas grave, grâce à toi, on peux quand même jouer à Nikousi la gueule tous les soirs en réseau.
Et la prochaine fois, arrête de me gonfler parce que jai pas fait la vaisselle alors que tu te gênes pas pour balancer tes cendres sur mon tapis,
Espèce denculé de colloc !
Nobod.
Mercredi 17/11/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas tous ces petits détails à la fois.
Jaime pas les plantes vertes, parce que leur nom implique quil ny aura jamais aucune surprise quant à leur couleur, si ce nest lorsquelles deviennent jaunes, et sèchent alors que tu as une ou deux f(m)ois oublié des les arroser.
Jaime pas les juristes parce quils ont une façon, non seulement de sexprimer, mais également de penser qui ne ressemble à aucune autre et qui est déconcertante. Un juriste sexprime avec des mots qui nappartiennent quà lui et ses confrères. Pire quun scientifique parce que le scientifique, lui au moins, parle de choses compliquées.
Jaime pas les sportifs, mais ça, tout le monde sen doute donc je nai pas besoin de métendre sur le sujet.
Idem pour les militaires.
Jaime pas les portables, non parce quils me dérangent, mais parce que le mien ne sonne jamais.
Jaime pas les filles qui ne sarrangent pas. On ne vous demande quune chose (entre autres), cest dêtre belles. Faites un effort, ça paye.
Jaime pas les végétariens. Je voudrais juste les avertir que, si ce nest pas en mangeant des carottes quon attrape Kreutzvell ( ?)-Jacob, ce nest pas non plus en mangeant des carottes quon est content de manger et quon a la patate.
Jaime pas les spam (messages publicitaires qui arrivent sur votre e-mail en grand nombre et qui sont envoyés à plein dautres couillons). Si je cherche un site de cul, je nai pas besoin deux pour le trouver.
Jaime pas les démarches administratives. Si un type (certains ont déjà essayé mais ça a foiré) monte une boîte efficace qui soccupe de ces démarches pour vous, il fait fortune en France (plus quailleurs).
Jaime pas les processus. Ca fait six mois que je bouffe du processus en bossant. Jen peux plus.
Jaime pas les politiquement corrects qui mempêchent de critiquer les gros et les maigres, les petits et les grands, les noirs et les blancs, les homos et les hétéros, les politiques et les juges, les livres et internet, le Monde et lEquipe, les chefs et les sous-fifres etc, parce que ça ne se fait pas.
Jaime pas les grincheux qui naiment pas faire la teuf parce quils ont cours ou bureau le lendemain. Produits du système, battez-vous !
Jaime pas les technocrates à deux boules qui ont réussi lENA. Si javais tenté, je suis sûr que je ne laurais pas eu.
Jaime pas les chiens, les chats, les trente millions damis.
Jaime pas la Télévision et le Cinéma. Ces écrans qui rendent passifs et buveurs de messages nont rien de bon qui vaille. Rien ne vaut un bon vieux bouquin sur le web ou le site du Monde.
Jaime pas les dictionnaires ambulants qui te remettent à ta place systématiquement parce quils connaissent tout sur tout et que tu ne sais rien de rien.
Jaime pas les soirées diapo et les gens qui me montrent leurs photos de vacances. Jy étais pas, ça ne mintéresse pas, garde tes souvenirs pour toi.
Jaime pas les chaises parce quon est quand même vachement mieux dans un fauteuil.
Jaime pas les politiques parce quils sont très menteurs.
Jaime pas les électeurs parce quils sont encore plus cons que les politiques.
Jaime pas les abstentionnistes parce que ces foutus paresseux sont plus malins que nous.
Jaime pas les snobs. Arrêtez de dire que ce site cest dla balle pour faire style (prononcer staïle) je maîtrise le web grave et je suis à la mode.
Jaime pas les gens qui se prennent au sérieux. Le sérieux, cest la tristesse, lennui, le Monde et toutes mes condoléances à la fois.
Jaime pas les appartements rangés. Ils manquent de vie, dhumour, de finesse et daccueil. Un bon vieux bordel pour un bon vieil apéro.
Jaime pas les apéros. Non, jdéconne.
Jaime pas les hypocrites. Pourtant, entre nous on peut lavouer, on est tous des sales hypocrites. Je vous aime
Jaime pas les open spaces (plateaux pour les ringards) parce jai limpression permanente quon mépie quand je glande.
Jaime pas la foule. Rien de plus pénible quune foule qui vous emporte. Jaime encore moins le calme parce que cest encore plus déprimant. Jaime pas les autres, quils soient là ou pas.
Jaime pas ta mère (ton père, tes frères et tes surs, woh oh
).
Jaime pas les réseaux parce que Web the Master peut voir tout ce que je suis en train décrire.
Jaime pas les cons (lexplication est dans laffirmation).
En fait, ya plein de trucs que jaime pas, pas vous ?
Nobod.
Mercredi 08/12/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Face au manque dargent : les mêmes dépenses, le découvert en plus.
Jaime pas les études. Et pourtant
Les études sont longues, dures, chères, chiantes, peu gratifiantes, inutiles et généralement suivies dune période de chômage assez longue. Pour quelque chose censé apporter aux jeunes lintelligence, la maturité, les connaissances pratiques etc, bref, être un lien avec la vie active, échec total flagrant.
Létudiant porte dailleurs en lui une bonne partie des vices que notre belle société réprouve. Face au travail, la réaction ne se fait pas attendre : la glande.
Face au manque dargent : les mêmes dépenses, le découvert en plus.
Face à leau, lalcool.
Face au sport, la clope.
Face aux clopes, le pétard.
Face à la recherche de travail, la prolongation des études.
Face à la connaissance, la télé
Nous lui saurions gré de se mettre un peu à bosser mais rien ny fera, ce en quoi il na pas tout à fait tort. Les études sont donc quelque chose dassez insignifiant. Allez chercher ce qui pourrait être intéressant dans la connaissance des philosophies néo-libérales sénégalaises pour un futur prof dhistoire. Allez savoir ce que le cours de créativité apportera à un contrôleur de gestion. Allez comprendre pourquoi le cours dancien Français est encore enseigné en lettres modernes.
La contrainte des études est heureusement assez lâche pour les heureux faqueux. Une présence peu indispensable en cours damphi. Et pour cause. Lorsque le maître de conférence entame son monologue, qui durera quelques heures et qui traitera du sujet « la réticence dolosive dans le contrat dentreprise », en ouvrant son manuel quil lira -mal- et en baillant, quil est à 350m de votre tablette et quil fait une douce chaleur humide dans la salle, vous commencerez à prendre vos notes avec courage. A la fin, vous dormirez.
Des études sans examens. Le rêve de chaque étudiant mis à part quelques fayots. Vous imaginez le bordel que ce serait ? Les campus se videraient lamentablement en même temps que les fûts. Les rues seraient jonchées de déchets. Même les étudiants en sport arrêteraient de courir. A la place, lorsque la date fatidique des exams arrive, lépidémie du par-cur-débile recommence. Au lieu de faire vos jeux, faites vos fiches. Le métro se remplit détudiants avec leurs fiches quils lisent et relisent comme si ça entrait. Au bout des sept ou huit lectures, ça finit par vaguement atteindre le cerveau. En gros la partie « transit » de votre micro. Sitôt les exams passés, ça ressort, et avec un peu de chance, si cétait bien entré la première fois, exams en poche, ça ne risque plus de rentrer une seconde fois.
« Olé, bonheur et plaisir, jai mes exams, à deux points !
- Pas moi, à deux points aussi »
La justice qui fait mal. Un coefficient mal placé et cest lannée foutue, les mêmes cours, les mêmes profs, et les gamins en plus.
Ah, quand on est étudiant, ce quon peut critiquer les études. « Jen ai marre, je veux gagner ma vie, je veux travailler ». Lapproche de la dead line se soldera en fait assez souvent par une inscription en DEA de sociologie ergonomique ou en thèse de sexologie marsupilamienne. La peur du monde du travail.
En gros, les études sont une période improductive bizarre dont on ne sait sortir. Et quand on voit ce que cest de travailler, on comprend pourquoi on sy accroche
Nobod.
Jeudi 09/12/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas le travail. Je voudrais faire un hymne à la glande bien subversif. Daucuns promurent par le passé les valeurs du travail. Ils se trompaient dans leur base de départ. Le travail nest pas une valeur, il a de la valeur, en tant que marchandise. Quon ne vienne pas me faire croire que le travail est positif en soi. Le seul truc, cest quon ne peut pas sen passer, non parce que cest une drogue, mais parce que les machines ne font pas tout.
Laccomplissement par le travail. Encore une foutaise que bon nombre dentre nous espérons que ce nen soit pas une, parce que les jeunes euromanagers que certains rêvent de devenir simaginent plus en salle de marché les pieds dans des Bally que les doigts de pied en éventail à Bali (ça marchait pas avec Churchs ou Weston, désolé). Et on laura tous bien profond (mais ça, cest une surprise de la world company, vous verrez).
Lépanouissement par le travail. Rien de plus désolant comme thème. Si jétais une femme, ça me choquerait beaucoup que mon homme me dise ça. Comme je ne suis pas une femme, ça me choque beaucoup que les filles disent ça. Cest vexant pour nous. Et puis ça ne rime à rien, ils / elles ne vont pas me faire croire que ça les amuse de se lever le matin à 7h ; les yeux collés, de rentrer le soir crevés, de dormir le week-end, de partir 5 semaines par an, de se faire engueuler par un boss, de diriger des abrutis, de prendre des cafés avec des collègues nases et de bouffer avec ces mêmes nases quotidiennement, dattendre lHeure correcte pour quitter ce plateau où lon mépie, den venir à acheter le Monde le soir et à regarder la Fureur le samedi, dêtre fatigués passé 23h, de considérer enfin que cest comme ça et quon na pas le choix ?
Les dites « valeurs » du travail comme lopiniâtreté sont quand même un peu faiblardes face à la déconne. Quelquun dopiniâtre est en général chiant, manque dhumour. Il est souvent borné.
Quelquun de travailleur. Se dit dun looser courageux mais inefficace et gentil. « Il est niais, mais ce quil est travailleur ».
Courageux : qui continue à avancer même face à un mur.
Pareil à lui-même, pas lunatique : toujours chiant.
Méritant : qui a passé beaucoup de temps pour faire un truc pas terrible mais bon, il y a passé du temps.
Généreux : qui fait des heures sup sans jamais obtenir daugmentation.
Proactif : hyperactif nerveux.
Un jour, un type qui semmerdait beaucoup dans la vie, qui navait pas dami et qui, pour quon se souvienne longtemps de sa phrase magique a dû au moins se pendre en grimpant à sa propre corde pour faire style je bosse a dit : « le travail, cest la santé ». Soit il était médecin et personne na jamais compris son sophisme, soit il était non seulement déprimé et jaime pas trop ça, mais il était aussi plus bête quintelligent.
Qui na pas plutôt entendu la belle, triste et si vraie sentence « se tuer au travail ». Entre les deux proverbes, mon cur ne balance certainement pas.
Beaucoup plus tard dans lhistoire des proverbes à deux boules de notre très chère langue, on a aussi dit « travailler comme un Turc ». Jai rien contre les Turcs mais il faut quand même admettre quon aurait jamais dit ça des Italiens ou des étudiants. Jai même entendu au travers dune conversation « un travail dArabe » ce qui dans un pays de sales racistes doit vouloir dire mal travailler alors quon sait bien que ça signifie seulement un travail accompli par un Arabe. On aurait mieux fait de dire un travail détudiant.
En bref, il est temps de remettre à leur place des valeurs qui nen sont pas, qui poussent les déconneurs à la dépression, qui font tomber les cheveux et pousser les rides. Et pour ceux qui ne sont pas convaincus, allez voir dans votre Larousse létymologie du terme travail : du mot latin trepalium, instrument de torture. Alors, vous voyez ?
Glande, je taime.
Nobod.
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