Vendredi 22 avril 2005

Comme quoi les choses changent peu, ce qui fut écrit il y a cinq ans est toujours valable…

J’aime pas les fonctionnaires et assimilés. Déjà, je me fais un bon nombre (trop important ?…) d’ennemis en écrivant cette première phrase. Courage, disons la vérité. On nous aurait menti ? Le fonctionnaire est en quelques mots, une personne qui ne fout pas grand chose, récrimine tout le temps, n’est pas stressé et bouffe nos impôts. Le saligaud, il serait peut-être moins bête que les autres après tout.

 

Le matin, le voilà avec sa petite sacoche, le canard du coin dedans (le fonctionnaire se veut « informé »), l’allure décontractée d’un fonctionnaire (délicate à décrire autrement). Et là, tu te demandes : que peut-il bien mettre dans sa sacoche ? Il ne va pas me faire croire que, le soir en rentrant chez lui, il bosse ? Je ne peux pas croire qu’il transporte tous les soirs dans sa sacoche des stylos et des cahiers qu’il a piqués au bureau pendant la journée pour faire des économies. La sacoche reste un mystère. Il ne doit pas y avoir grand chose dedans. Juste histoire de.

Le revoilà le soir. C’est lui qui ouvre le plus le col de sa chemise parce qu’il a beaucoup travaillé et que sa belle cravate le serre. Il a l’air frais comme un gardon, comme le matin. Regardons l’heure. Ouah, 18h, et pas une seconde de plus. Il a rangé ses meccanos et débranché le micro, il attend patiemment devant sa porte son heure. D’ailleurs, comme il avait terminé son boulot prévu à 17h, il n’a rien fait depuis. Pas la peine de commencer une nouvelle chose pour une demi-heure de travail. Non, une heure. Non, une demi-heure, à 17h30, je commence à ranger. Qu’a-t-il fait de sa journée ?

La description du néant n’étant pas chose facile, je laisserai cette tâche à d’autres.

 

Le fonctionnaire est un plaignant infatigable. Il quémande, se débrouille mieux que quiconque pour se taper 7 semaines et demi de congés. S’il était moins paresseux, il irait volontiers manifester pour tout, les impôts trop élevés, le régime turc fasciste, les 22h de travail mensuel etc… Il déteste aussi l’autorité de son supérieur. « L’ordre du supérieur est absolu, mais c’est un con. D’ailleurs, il est incompétent ». A la limite, sur ce point, nous pouvons nous accorder, le chef d’un fonctionnaire n’étant qu’un autre fonctionnaire…

Il est paresseux pour la manif… Quoique. Assez souvent, il se lâche. C’est pas le tout, mais, une tit’grève serait pas malvenue. La rentrée est dure, début octobre, après un mois de bureau et 6 semaines de vacances, un peu de repos payé hors congés fait du bien. Cherchons une revendication. Ca y est, j’ai trouvé : un chien est mort de crise cardiaque proche du métro. Insécurité, salaires, les banderoles se montent, dommage que Paris soit bitumé, c’est trop fatigant pour retirer les pavés…

 

Pour travailler, il a un ordinateur. Souvent, c’est un Bull, Etat actionnaire oblige. Le jeu de mots est trop facile… D’ailleurs, généralement, il est bien planqué derrière. On ne sait toujours pas ce qu’il fait.
Un détail de la journée, la pause café. Comme le fonctionnaire tient à sa santé, il a arrêté le café. Il en prend deux le matin et un l’après-midi. Les quatre autres pauses, il discute de tout et (surtout) de rien. Histoire de rester sociable. Ou alors il expose avantageusement ses résultats à Tétris tout en se rétractant rapidement en affirmant avoir bossé ce matin comme une brute.

 

Mais l’essentiel n’est pas là. Le fonctionnaire a une tâche noble, il sert l’Etat, et par là nous-mêmes. On ne sait pas trop comment, mais il le fait, c’est sûr. La preuve ou au moins une illustration très élogieuse ? Si vous payez des impôts, c’est bien que ça sert à quelque chose, non ? Ouais, à quoi par exemple ?

Bah, faut bien payer les fonctionnaires. Et puis après tout, il vaut mieux être fonctionnaire que chômeur, c’est presqu’aussi cool mais mieux payé, bref, la retraite avant d’avoir bossé…

 

Nous, aigris du privé, on aimerait bien être fonctionnaires finalement, ça doit être rigolo. Et puis ce sont des stars au démineur…

 

Bien à vous

Nobod.

 

Par Nobod - Publié dans : Antique Site
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 2 mars 2005

C'était une spéciale de l'illustre Sartre (pas l'écrivain, mais un vague homonyme venu bouffer dans sa gamelle beaucoup plus tard). Ca vieillit peu, vous voyez !!!

 

J’aime pas les filles maquées.

 « Cette nana là, j’me la branche » : quelques instants plus tard, il s’approche :

 

: « T’es une amie de Bidule (celui qui organise ou se trouve à proximité) ? »

-Heu, non, non je suis venue avec Machin…

-Ah ouais ? … Sympa. Tu fais quoi à Paris ? Fac ? Ecole…

-Je suis en fac de droit à Trifouillis…

 

Silence, il boit une gorgé de son alcool et la demoiselle regarde deux autres personnes discuter à côté…

Il réessaye :

 

-Et qu’est-ce t’as fait cet été ? »

-Oh ! Je suis allée en Bretagne avec mon copain et puis il m’a emmené trois semaine en Israël, c’était vraiment magnifique… Et ensuite on est allé chez ses parents dans le Luberon ou il m’a appris à faire du cheval et du kayak. Parce qu’il est musicien mais très sportif aussi. Et… »

Le jeune homme l’interrompt : « Ouais OK, je vais me chercher un autre verre... ».

 

Oui, comme vous pouvez le constater, une nana maquée, c’est consternant et chiant. D’abord, elle se permet d’être attirante parce que les maquées sont les plus jolies et les plus sympas (forcément, les winners ne sont pas fous). Ensuite, elle se laisse approcher comme une célibataire, et enfin, elle attend quelques minutes pour te prévenir que tu n’as aucune chance au lieu d’être tout de suite claire sur les vices cachés. Si toutes les nanas maquées le criaient haut et fort dès qu’un type s’approchait d’elles, elles arrêteraient de se plaindre de se faire draguer tout le temps. Finalement, elles doivent assez apprécier.

 

Il y a pire que la nana maquée et heureuse avec son mec. L’autre ne se plaît pas avec lui, te plaît à toi, te raconte ses problèmes avec ses mecs pendant que tu restes l’idiot du village. Le bonheur. J’ai l’air malin. Vive cette nana que je me ferai pas, mais dont je dois tout supporter.  « Tu comprends, je suis pas folle de lui, il a plein de défauts, mais ça fait tellement longtemps, je veux pas tout casser. Toi, c’est différent, tu vois…

-Je vois que dalle, sauf que je suis l’idiot de base. Merci pour tout et ciao ».

           

            La nana maquée te laisse généralement un espoir qu’elle ne le soit pas très longtemps (elle insiste bien sur le fait qu’avec son mec, c’est pas au top). Histoire que tu perdes bien ton temps à espérer parce que, qu’elle soit maquée ou pas, elle ne voudra pas de toi…

 

« Je me suis fiancée cet été ». Ouh, la claque. J’avais pas regardé ses doigts. Je ne me fais pas à mon grand âge, les couples se fiancent et se marient. Encore mieux : « tu sais quoi, c’est vraiment super, je suis enceinte ». Vlan, et dire que je ne savais même pas qu’elle avait un mec. C’est pas moi le père, dommage, quoique j’en ai pas envie. Et puis elle sait pas ce qu’elle perd. D’ailleurs elle est un peu grosse finalement. Et puis quand je vois la gueule de son mec, maintenant, je me dis qu’elle doit être un peu conne. Ah, je l’ai échappé belle. Quel fion, ce boudin !

           

            Heureusement, la fille maquée donne peu de temps encore envie. Elle se « mamifie ». La teuf devient un souvenir, les ambitions disparaissent, le couple se range, bientôt les enfants et tout le bonheur du monde. Ah, quel soulagement, souvent, elles deviennent laides à force d’être maquées, à croire que toute envie de séduire leur a échappé depuis qu’elles ont mis le grappin sur le pauvre innocent (un salopard entre nous). Bien fait pour elle si elles se font larguer.

 

Non, je déconne,

Bon les filles, reste-t-il sur Terre une nana sympa et célibataire ???

 

 

Bien à vous

 

Par Nobod - Publié dans : Antique Site
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 28 février 2005

Ca date de 1999. Vintage !

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas le travail. Je voudrais faire un hymne à la glande subversif. D’aucuns promurent par le passé les valeurs du travail. Ils se trompaient dans leur base de départ. Le travail n’est pas une valeur, il a de la valeur, en tant que marchandise. Qu’on ne vienne pas me faire croire que le travail est positif en soi. Le seul truc, c’est qu’on ne peut pas s’en passer, non parce que c’est une drogue, mais parce que les machines ne font pas tout.

L’accomplissement par le travail. Encore une foutaise que bon nombre d’entre nous espérons que ce n’en soit pas une, parce que les jeunes euromanagers que certains rêvent de devenir s’imaginent plus en salle de marché les pieds dans des Bally que les doigts de pied en éventail à Bali (ça marchait pas avec Church’s ou Weston, désolé). Et on l’aura tous bien profond (mais ça, c’est une surprise de la world company, vous verrez).

L’épanouissement par le travail. Rien de plus désolant comme thème. Si j’étais une femme, ça me choquerait beaucoup que mon homme me dise ça. Comme je ne suis pas une femme, ça me choque beaucoup que les filles disent ça. C’est vexant pour nous. Et puis ça ne rime à rien, ils / elles ne vont pas me faire croire que ça les amuse de se lever le matin à 7h ; les yeux collés, de rentrer le soir crevés, de dormir le week-end, de partir 5 semaines par an, de se faire engueuler par un boss, de diriger des abrutis, de prendre des cafés avec des collègues nases et de bouffer avec ces mêmes nases quotidiennement, d’attendre l’Heure correcte pour quitter ce plateau où l’on m’épie, d’en venir à acheter le Monde le soir et à regarder la Fureur le samedi, d’être fatigués passé 23h, de considérer enfin que c’est comme ça et qu’on n’a pas le choix ?

 

Les dites « valeurs » du travail comme l’opiniâtreté sont quand même un peu faiblardes face à la déconne. Quelqu’un d’opiniâtre est en général chiant, manque d’humour. Il est souvent borné.

Quelqu’un de travailleur. Se dit d’un looser courageux mais inefficace et gentil. « Il est niais, mais ce qu’il est travailleur ».

Courageux : qui continue à avancer même face à un mur.

Pareil à lui-même, pas lunatique : toujours chiant.

Méritant : qui a passé beaucoup de temps pour faire un truc pas terrible mais bon, il y a passé du temps.

Généreux : qui fait des heures sup’ sans jamais obtenir d’augmentation.

Proactif : hyperactif nerveux.

 

 

Un jour, un type qui s’emmerdait beaucoup dans la vie, qui n’avait pas d’ami et qui, pour qu’on se souvienne longtemps de sa phrase magique a dû au moins se pendre en grimpant à sa propre corde pour faire style je bosse a dit : « le travail, c’est la santé ». Soit il était médecin et personne n’a jamais compris son sophisme, soit il était non seulement déprimé et j’aime pas trop ça, mais il était aussi plus bête qu’intelligent.

 Qui n’a pas plutôt entendu la belle, triste et si vraie sentence « se tuer au travail ». Entre les deux proverbes, mon cœur ne balance certainement pas.

 

Beaucoup plus tard dans l’histoire des proverbes à deux boules de notre très chère langue, on a aussi dit « travailler comme un Turc ». J’ai rien contre les Turcs mais il faut quand même admettre qu’on aurait jamais dit ça des Italiens ou des étudiants. J’ai même entendu au travers d’une conversation « un travail d’Arabe » ce qui dans un pays de sales racistes doit vouloir dire mal travailler alors qu’on sait bien que ça signifie seulement un travail accompli par un Arabe. On aurait mieux fait de dire un travail d’étudiant.

 

En bref, il est temps de remettre à leur place des valeurs qui n’en sont pas, qui poussent les déconneurs à la dépression, qui font tomber les cheveux et pousser les rides. Et pour ceux qui ne sont pas convaincus, allez voir dans votre Larousse l’étymologie du terme travail : du mot latin trepalium, instrument de torture. Alors, vous voyez ?

 

Glande, je t’aime.

 

 

Nobod.


Jeudi /1999

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

 

J’aime pas tout ça.

 

J’aime pas les agences immobilières qui réclament un extrait de poil de cul de ma caution pour que mon dossier soit accepté.

                J’aime pas les grincheux, les gens qui se plaignent tout le temps parce que rien ne va sur Terre. Tout va bien, le tout, c’est d’y croire.

                J’aime pas les gens qui m’arrêtent dans la rue pour me demander si j’aime la mousse de canard. Je ne vois pas en quoi ça peut les intéresser. Et puis ça ne les regarde pas.

                J’aime pas les voyages organisés. Ca manque d’aventure.

                J’aime pas le cinéma. Payer pour passer deux heures dans une chambre noire avec un écran qui fait mal aux yeux et ressortir écouter les commentaires nases de tous les autres en ayant l’impression de sortir du lit, non merci.

                J’aime pas les contractuelles. Je préfère encore les militaires.

                J’aime pas l’argent. Sujet trop vaste, surtout quand on n’en a pas.

                J’aime pas les chattars dans le train. Dernière expérience : citation d’un chattar lyonnais « Ouahhh, le respect, c’est d’foutre des grosses gifles à tout le monde ». Sans commentaire.

                J’aime pas les pétroliers qui déversent leurs saloperies sur les plages bretonnes. Je vais aller draguer où, cet été ? Merci pour tout.

                J’aime pas les conférences où on est censé apprendre quelque chose. On n’en tire jamais rien. Au moins, quand on va en boîte, on sait à quoi s’attendre.

J’aime pas les musées. Rien de plus désagréable de se retrouver dans une grande pièce avec plein de tableaux, de statues et de beaufs.

                J’aime pas faire les courses. Vivement que le web évolue.

                J’aime pas les corrompus. J’ai compris pourquoi les politiques se battent tellement pour gagner les élections : la tune.

                J’aime, pas plus que la dernière fois, les chiens, les chats, les trente millions d’amis.

                J’aime pas les planches sur tréteaux en guise de table. C’est super bancal, c’est laid, et puis j’aime pas ça.

                J’aime pas le réveil. C’est le moment le plus désagréable de la journée, avec le moment ou je me lève.

                J’aime pas le regard des autres oppressant l’existence de l’autre. C’est fou ce qu’un regard peut être significatif de méchanceté.

                J’aime pas les radiateurs qui ne fonctionnent pas. C’est l’hiver, on se gèle !

 

Vraiment, j’aime pas cette planche à tréteaux

 

 

Bah quoi, on peut pas tout aimer dans la vie !

 

 

                                                                                                                                                                           Nobod.


  

LA SAGA DES JAIMPA

 

 

                J’aime pas le web.

Premier acte : la connexion. Il faut déjà en avoir… Les serveurs sont gratuits, pas les micro-ordinateurs, pas le modem, et pas les deux heures au téléphone 2,23 F la minute avec la standardiste (autre sujet) de Liberty surf pour comprendre à quel mulot se vouer. Tu as le matos. Bien maintenant, toi qui n’a jamais touché un mulot électronique, ne vas pas t’imaginer que l’internet, c’est simple comme bonjour. Tu as déjà galéré pas mal d’heures entre concepts de mémoire vive et morte, bits et pouces, logiciel de transmission FTP et autres windows NT. Finalement, ton copain informaticien t’a vivement conseillé le dernier PC acer à 7000 boules. Pour un débutant, c’est nickel. La deuxième scène est consacrée aux branchements. Première tentative d’allumage du bouton power. Rien ne se passe. Deuxième coup. Rien ne se passe. Troisième coup, cette fois-ci sur l’écran (« tu vas t’allumer putain ! »). Quatrième coup, de téléphone, cette fois-ci à ton ami centralien.

Finalement, norton anti-virus vient te rendre visite. On t’a dit de trouver les clics pour te mettre on line.  Tout se finira par une nuit d’alcoolisme dépressive (« je suis pas dans le coup, faut que j’admette »), une aspirine le lendemain et le contact sauveur de celui que tu as choisi pour venir t’accueillir chez eux, sur le web. La standardiste est nase, tiens, bizarre. Tu as cliqué sur tous les mulots, de gauche, de droite, sur toutes les icônes (aucun lien religieux). Après trois standardistes, huit heures, quatre ex-copains centraliens, 2786,45 F de communication téléphonique, sept tubes d’aspirine, deux claviers défoncés et un écran crevé à coups de latte, tu découvres Internet.

 

Deuxième acte : la dépression. Commençons par le mail. Putain, ça marche (« Et dis, tu as reçu mon e-mail ? – Oui, connard, pourquoi tu m’appelles pour me demander ? »). L’espoir repart sur le web. Ca va surfer grave… Je vais chercher des infos sur les Landes, je veux voir à l’avance où je pars en vacances. Trouver un moteur de recherche. Facile toujours, je clique de plus en plus vite.

Erreur de connexion. Première grande frayeur.

Hôte introuvable. Deuxième grande frayeur.

Vanessa vient te suc….Troisième grande frayeur. Tu t’es retrouvé sur un site porno alors que tu avais cherché Landes sur yahoo ? T’inquiète, c’est normal, le web, c’est très libertin et bordélique comme bibliothèque.

                Aucune info sur les Landes sur aucun moteur. Je dois pas être au niveau. Juste quelques sites sur les glandes (les pervers), ainsi que sur une exploitation on line de vaches landaises… Bon, il me reste l’horoscope de multimania. Il dit que je vais passer une sale journée. Super. Je ferai bien mon propre site sur les Landes mais je capte rien au htlm (pour info, c’est html).

Mes courses sur internet. On m’a livré deux semaines en retard mes courses de produit frais, ma carte s’est retrouvée sur le web et on m’a tiré 40 000 boules parce que mon code était sur le web. Encore un hacker de merde. Et je suis pas assuré parce que le site, qui a fermé entre temps, n’était pas sécurisé.

 

 

Troisième acte : la désertion. Je ne retourne plus sur le web que sur le site du Monde. Les articles mettent trois plombes à être édités, je me nique les yeux et deviens de plus en plus autiste. Des fois, j’ouvre trois fenêtres à la fois pour limiter le temps de connexion. Une sur le Monde, la deuxième sur la Tribune et la dernière sur sex.com. C’est cool. J’ai toujours un œil dans le dos pour pas me faire piquer, mais il paraît que de toutes façons, on peut tout savoir avec mon historique. De toutes façons, je m’en fous, la semaine prochaine, j’arrête.

Et puis je reçois plus jamais de mail. Je préfère le téléphone. C’est pas sûr le mail, des fois, les gens reçoivent pas mes messages. Bizarre, on m’avait dit que c’était pas possible. En revanche, sex.com, ça marche toujours. Y’a une vitesse de connexion sur ce site…


Mercredi /03/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

 

                J’aime pas les secrétaires et standardistes. Leur seul avantage est d’être parfois belle, mais généralement, on ne les voit même pas vu que tout se fait désormais pas téléphone. Leur boulot est inintéressant au possible. La vie se résume ainsi : de parapheurs en agendas…

                Recherche d’information sur mon compte en banque. La secrétaire cherche mon « conseiller clientèle ». Oh, il est pas là aujourd’hui. Zut alors. Quelqu’un pour le remplacer ? Evitez de poser cette question. Préférez rappeler plus tard en espérant tomber sur quelqu’un d’autre ou passer directement court-circuiter la folle. Sinon, c’est un bon quart d’heure d’attente et une engueulade à la fin histoire de vous faire comprendre qu’aujourd’hui, les clients sont vraiment de plus en plus exigeants. Depuis le temps, je me demande comment ils étaient avant.

Ca devait être ça :

« Bonjour madame, avec tout le respect que je vous dois, auriez-vous l’extrême obligeance de vérifier que mon conseiller clientèle n’est pas là ?

-          Non, il n’est pas là.

-          Ah, excusez-moi, Madame, je suis confus, je ne rappellerai plus afin d’éviter de vous déranger pour rien. »

 

Demande à la secrétaire du commercial qui m’a vendu ses saloperies, afin de savoir si les produits que j’ai achetés sont bien partis (sachant que ça fait trois fois que des retards de livraison m’ont bien mis dans la memerde). « Mais bien sûr qu’ils doivent être partis, comme d’habitude !

-          Oui, c’est bien ça le problème, la dernière fois, ils étaient en retard, Madame

-          Monsieur, ne soyez pas désagréables, nous, nous avons des clients. »

 

Bien la politique commerciale…

 

Réclamation à B télécom qui m’a fermé ma ligne sans ma demande ni mes impayés.

« Bonjour Madame, je ne comprends pas, ma ligne ne fonctionne pas et…

-          Vous n’avez pas dû payer.

-          Si si, j’ai tout payé, il doit y avoir une erreur.

-          Voyons, Monsieur, nous faisons rarement des erreurs, envoyez-nous un courrier, en cas d’erreur de notre part, nous ferons un geste commercial en votre faveur.

-          C’est ça poufiasse, et moi, le geste que je fais derrière mon téléphone, c’est un gros doigt parce que je t’emmerde et que j’ai besoin de mon téléphone. »

 

Voilà en quelques exemples les contacts chaleureux des chiens de garde téléphoniques. Depuis, j’ai changé de banque, j’ai un portable S…., et le commercial s’est fait virer faute de clients… Depuis, j’ai eu affaire à de nouvelles standardistes. Et la boucle recommence.

Mais leurs copines secrétaires sont vachement plus efficaces. Beaucoup plus intelligentes, beaucoup plus formées, plus gentilles, plus ambitieuses, connaissant tout le monde et tous les dossiers. Et jolies de surcroît. D’ailleurs, j’en sais quelque chose. Je viens de me faire virer, et ma secrétaire a repris mon poste. Et il paraît que le service marche vachement mieux maintenant. Bizarre. Je crois que je préfère encore ces connes de standardistes qui n’ont jamais piqué le boulot de personne.

Une secrétaire bête, va encore, mais une secrétaire intelligente, non. Trop intelligente pour être secrétaire…


Mercredi /03/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

 

                J’aime pas les rugbeux. La semaine dernière, j’ai eu la chance de déjeuner avec 5 rugbeux, sachant que nous étions 6 à table. Rien de volontaire dans tout cela, le plan rugbeux n’étant au départ pas à l’ordre du jour. Mais qu’à cela ne tienne, puisque toutes les formes d’expérience sont fashioned à l’heure actuelle, je me suis retrouvé à table avec 5 rugbeux. Dur. 5 rugbeux avant le match de l’année pour eux. Très dur. Le rugbeux est en soi assez idiot, mais avant un match, il devient clairement débile. Sympathique de surcroît.

                La discussion n’a pas été hautement intellectuelle, mais joviale, et surtout sans censure. Les voisins du restaurant auraient sans doute apprécié un peu de cette censure qui se perd, mais non. Un rubgeux seul, c’est un rugbeux. Un rugbeux entre autres, c’est un gros con.

Début du repas. Thème abordé : le sexe. Bien fort, avec des métaphores géniales, un style rugbeux s’il en est, un humour dévastateur, sans frilosité devant la bassesse.

Milieu du repas. Thème abordé : le sexe. Bien fort, avec des métaphores géniales, un style rugbeux s’il en est, un humour dévastateur, sans frilosité devant la bassesse.

Fin du repas. Thème abordé : le sexe. Bien fort, avec des métaphores géniales, un style rugbeux s’il en est, un humour dévastateur, sans frilosité devant la bassesse.

Juste de vagues intermèdes sur le rugby, la blessure de Jean-Paul, les adversaires à qui on va foutre la pâtée, et les échanges du ballon à table.

 

Un des membres (celui qui m’avait foutu dans cette merde) m’expliqua plus tard que ça n’était pas toujours comme ça (ce qui sous-entend quand même que c’est généralement le cas), et que toute cette classe était expliqué par le match de l’année qui se jouait quelques heures plus tard. Je lui sus gré de ses explications.

 

Le match s’est ensuite joué, et l’équipe a gagné, quelque chose comme 59/0 (comme quoi, parler cul tout le repas précédant le match  est peut-être la bonne stratégie). Place donc aux étreintes langoureuses des rugbeux transpirants, place aux douches collectives et aux jeux décontractants.

Puis place à la fête. Restaurant si l’heure le permet. Le rugbeux va se mettre minable. Dévoilement de brochettes de fesses de rugbeux. Puis grand jeu « pine in the wine ». Chacun met son zizi dans son verre de vin puis tout le monde boit. Grandiose moment de l’esprit d’équipe (souvenez-vous de la phrase de Coluche sur l’esprit d’équipe). Ensuite, on s’asperge de vin s’il en reste et on vomit sur les tapisseries, au grand amusement du restaurateur…

Il est temps de sortir. On va donc tous uriner contre une belle voiture, histoire de s’amuser. Drôle.

Et on finit dans un des seuls bars accueillant encore les démons, légèrement baveux, l’œil peu sûr de lui, matant la gueuse effrayée, et poussant des grognements de satisfaction (eueuhhaaarggghhhhhh).

                Bref, il intègre avec fierté la caste des cons du soir après un match gagné.

 

 

                Le réveil du lendemain est dur, mais fier. « On les a explosés ». Chacun raconte ses exploits à ses potes, de sorte que si l’on recompte les essais, ils auraient dû gagner 123/0. Mais peu importe, ils sont tellement contents.

                Le 15 a gagné son combat, il s’est senti revêtu de la souveraineté populaire l’instant d’un match. Il a remporté cette victoire. Il est courageux, combatif, tacticien, idiot.

                Et puis en mangeant avec des rugbeux, finalement, on apprend plein de blagues bien lourdes pour épater tous ses potes... 

 

 

Nobod.

Par Nobod - Publié dans : Antique Site
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 27 février 2005

Ca date de 1999 !

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les intellectuels. Je parle des intellectuels de gauche. Je pensai consacrer un autre jaimpa aux intellectuels de droite, mais j’ai  réfléchi (bah je vous remercie !). Les intellectuels de droite n’existent pas. C’est pas que j’aime pas les droitistes, mais ce qui est sûr c’est que les gauchistes me gonflent bien et en particulier leurs intellos et autres BHL (qui pourtant participe à la ligne éditoriale de ce putain de magazine qu’est le point qui est particulièrement à droite).

            Bref, à droite ils sont pas intellos, à gauche ils sont cons. Critique facile mais ça fait du bien de temps en temps. Bien, les guignols de l’info se sont complètement plantés. D’abord parce que la marionnette de BHL est nulle, il ressemble à rien et dit n’importe quoi, ce qui est faux. Ensuite parce que eux aussi se prennent pour des intellos satyriques alors qu’ils ne font que rire (genre on m’aurait menti). BHL. Gros con. Petit con. Qui se tape cette belle conne de Dombasle. A la limite, je préfère JF Kahn, voire P Bruckner (non, les mecs, pas Brunner, lui, c’est les chansons sur la 3). Eux au moins, ils font loosers tout de suite. Des vrais quoi, voire des collègues. Loosers de tous les pays unissez-vous ! Souvenez-vous de ce que Kahn et BHL nous ont pris la tête pendant la Bosnie (avant le Kosovo, y’a quelques années. Si vous ne vous souvenez pas, je ne peux plus rien pour vous). Le looser défendant rien, l’autre étant pro-bosniaque. Tout ça est question d’attitude me direz-vous. Vous avez raison.

            L’intellectuellat est un métier. Ces mecs sont payés par des institutions ou des couillons (quand vous achetez leurs bouquins, genre tous les nazes qui ont lu « le monde de sophie » en se sentant une fibre intellectualiste). Ce qui est délirant, c’est qu’on entende des discours tel que « les intellectuels sont là pour faire avancer les choses, c’est notre rôle dans la société. Nous devons guider la pensée ». Et là, le couillon te sort la plus belle « Halte à la pensée unique ».

Je ne suis pas d’un naturel violent mais je casserais bien la tête à l’inventeur génial de cette expression (également pour d’autres raisons…).

            Les intellectuels ne sont jamais d’accord entre eux (voire avec eux-mêmes, dur dilemme depuis l’holocauste qui pourtant n’a vraiment rien à foutre ici). Au final, on a un problème et autant de solutions qu’il y a d’intellos voire plus. En général, les solutions s’opposent. Une seule est bonne. Y’en a un d’intelligent et tous les autres sont des intellectuels. Je n’ai pas dit nase. J’ai dit intellectuel. L’intellectuel s’est vu confier divinement un mandat de soutien aux plus débiles. Comme si les débiles écoutaient les intellectuels. Non, ceux qui les écoutent, ce sont les gens qui se croient intelligents mais qui sentent que la défaillance est fréquente. Les plus intelligents on arrêté de perdre leur temps à écouter les palabres de Bourdieu & cie.

D’aucuns n’aiment pas les ingénieurs et scientifiques, ceux-ci parlant un langage que l’on ne comprend pas –entre autres raisons- mais les intellectuels parlent des choses de la vie avec un « langage » qui n’en est pas un. Pour ceux qui ont fait un peu de philo dans le passé (sinon, ça viendra peut-être un jour), le langage permet de communiquer et facilite la pensée. Les intellectuels ont du boulot. Mais ça aussi, ça viendra, j’ai bon espoir que plus personne ne se prétende intellectuel à l’aube de 2100.

« Etre conscient de son ignorance, c’est déjà en savoir beaucoup ». Qui a dit ça ? Alors, vous ne trouvez pas bande d’ignares ? Ne cherchez plus, je viens de l’inventer, faute de citations disponibles. Soyons d’accord, c’est nul. C’est le type même de la phrase toute faite qui ne transcrit qu’une bêtise ou une évidence.  Ca, c’est la phrase du jeune intellectuel immature.

« Etre conscient de son ignorance, c’est se faire une représentation de l’esprit qui encombre le tréfonds dans sa plus grande fonction, à savoir la consécration ultime de la régénération de l’intelligence ». Clairement cette fois-ci, ça ne veut vraiment pas dire grand chose. Et bah cette fois-ci, c’est un vrai intello qui parle, vu que c’est pas moi…

 

 

                                                                                                                                    Nobod.

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les dessins animés, films de science-fiction -débiles- jeux video et autres produits dérivés.

« Pistolet laser ! Transss-fooormation. Formation Bleu  !!! » Ce vieil abruti de Goldorak se serait fait casser la gueule plus d’une fois s’il s’était retrouvé face à une bande de biomen… Ils sont de plus en plus forts, bossent maintenant en équipe, luttent contre le mal non sans violence (ou contre la violence non sans mal), deviennent des sex-symbols séducteurs hors pair. Bientôt, ils picoleront et fumeront des joints (des vrais branleurs, en somme), à moins qu’ils ne se mettent à boire. Vous imaginez un héros de science-fiction alcoolique ? Là au moins, il y aurait quelque chose de créatif, de drôle. Il se brûlerait les paluches avec son épée-néon, se ramasserait quand ils ferait ses sauts à la star wars, vomirait en fin de film… Bref, on s’amuserait un peu.

            Aujourd’hui, les enfants admirent plus Luc Sky Walker éclatant Dark Vador que Robin des bois faisant la peau à ce salopard de prince Jean. Et pourtant, force est d’admettre que, quelles que soient les interprétations, Marianne n’était pas la plus moche du royaume et Robin la plus tarlouze du village. D’ailleurs, ils ont acheté le jeu star wars et auront bientôt la « dream cast » pour tuer tous les méchants (c’est le futur must en terme de console de jeux). Du temps de Target Renegade, quand on avait des amstrad, c’était de la bagarre propre et sans bavure. C’est devenu n’importe quoi. Il faut taper sur des ennemis à n’en plus finir avec des armes différentes, tu as trois vies avant de mourir (ce qui permet à l’enfant de se croire plus fort alors qu’il est en train de devenir épileptique, et aux parents d’avoir la paix un peu plus longtemps), tu passes pour un moyen-âgeux quand tu proposes à un enfant de jouer aux cow-boys et aux indiens (ce qui quoiqu’on en dise, était plus facile que de se mettre dans la peau de Dark Vador, lui, je ne l’aime vraiment pas).

 

Bref, on est en train de créer une génération d’épileptiques névrosés pas foutus de se battre sans pistolet laser, qui ne savent plus jouer aux échecs et inventer des jeux, et qui remplissent leurs chambres de gros monstres horribles censés représenter quelque chose qu’on ne saisira jamais. Et de surcroît, ils ne savent plus communiquer entre eux.

Merci pour tout.

Non, ils feraient mieux d’aller voir Jeanne d’Arc la coquine, jouer au foot avec leurs copains et lire les six compagnons et le vilain fantôme. Le pire, c’est que les adultes (les jeunes adultes)  ne résistent plus non plus. Ils piquent les jeux des enfants, leur achètent d’autant plus volontiers les jeux qu’ils ont envie d’essayer aussi.

 

En espérant que ça leur passe, et en attendant l’aurore, je vais certainement pas aller claquer 40 boules pour voir le dernier film de Dark Vador le gentil futur méchant. Mais quand ça passera à la télé….

 

 

Nobod.

 


 

 

Mardi 02/11/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les déprimés. Je sens encore qu’on va me faire un faux procès de mauvaise qualité. Tant pis, j’aime vraiment pas les déprimés. Souvenez-vous des lépreux avec leurs capes noires et leurs crécelles sans lesquelles ils ne pouvaient sortir de leur mouroir. Ce n’est pas qu’on les trouvait indignes de côtoyer le reste de la population mais une lutte drastique contre la contamination. Eh, bien, tirons des enseignements du passé. Dès qu’une personne se sent déprimée, qu’elle se balade avec une petite clochette en disant « je suis déprimée, ne m’approchez pas ». D’abord, il y aurait du jour au lendemain beaucoup moins de déprimés. Ensuite, ils déprimeraient moins les autres et ça ferait toujours moins de déprimés.

Bien, sans atteindre des excès qu’on qualifiera de racistes (ce qui n’a rien à foutre ici mais comme des nases vont le dire, je préfère les devancer), je crois que les déprimés devraient un peu cesser de se plaindre. Je devrais un peu limiter l’étendue du sujet. Si ta femme est morte ce matin (et que ce n’est pas une délivrance), je comprends et je ne critique pas la déprime. Sauf que ce n’est plus vraiment de la déprime mais du chagrin. Et je ne dis rien. Mais le petit pervers qui se lève déprimé parce que « aujourd’hui, ça va pas », m’énerve. Y’a des enfants qui meurent de faim dans le monde. Elle est bien ridicule ta déprime. C’est la déprime du petit occidental qui mange bien, boit bien, dort au chaud et s’habille neuf. Ce petit qui ne voit plus que son petit ego, son petit bonheur, sa petite déprime, ses petits problèmes, ses petites amies et son petit cœur. Espèce de petit égoïste de merde, tiens. Elle est pas belle la vie ? C’est quoi le problème ? Y’a pas de lézard, oublie le lézard.

 

Le petit déprimé arrive sans rien dire. « Tiens, aujourd’hui, il est de mauvais poil.

-Non, pire, il est déprimé. »

 

Au départ, il faut s’armer de pincettes. Pour se donner une impression de grandeur, de discrétion et de sérieux, il ne décrit pas l’origine de sa déprime :

« Ca va pas, qu’est ce qu’il t’arrive ?

- Rien rien », répond-il en bougonnant. Si tu le pousses (d’ailleurs, c’est aussi souvent une fille, voire plus) un peu, il va se lâcher. Là, c’est l’erreur. Quand quelqu’un vous répond ce qui a été écrit plus haut, laissez tomber pour la journée, demain, Monsieur aura fini son boudin. Si vous insistez, il va vous faire comprendre que sa vie est un enfer, que tout est dramatique même s’il est super fort (ego toujours), et qu’il en peut plus, tout ça en restant très évasif sur les origines de la déprime. Une bonne demi-heure de perdue, tout ça pour écouter des broutilles de la vie du genre :

 

« Je me suis engueulé avec ma copine et j’en peux plus / Je me suis engueulée avec mon copain et j’en peux plus »

 

« Je sais pas, j’ai pas le moral, tu comprends, c’est trop galère en ce moment, avec le boulot, et puis tous les problèmes que j’ai…….. »

 

« Ouais, avec ce temps, je suis crevé, et puis le week-end était horrible »

 

« pffff, de toutes façons, la vie a aucun sens, j’en ai vraiment marre » (lui, ne vous inquiétez pas, il bluffe).

 

Ah, c’est engageant, des phrases pareilles. Elles n’ont rien de convaincantes et pourtant, rien de plus contagieux que la déprime. A force de rester avec des gens qui dépriment, on finit par adopter leur mode de non-pensée et on devient comme eux (c’est comme la grippe).

 

Allez, faisons-nous plaisir. Une déprime = une engueulade ou un scandale. Si à chaque fois que quelqu’un vous ennuie avec « ses » problèmes, vous lui sortez un petit scandale, une dérision humoristique ou une engueulade du genre « tu vas te bouger gros lourd », ça va changer ! Et on ne sera plus déprimé et la vie sera que du bonheur et tout et tout…

 

 

 

Nobod.


 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les collocs’. Le sujet est épineux, dangereux (risque de fessée ce soir…), polémique à souhait, récurrent, mais je ne peux m’empêcher d’en parler un peu. En ce moment, j’ai un colloc. Ben, ne te sens pas visé, ce que je vais raconter là est inspiré de faits réels, mais inspirés seulement. Et puis j’ai aussi co-loué avec une vieille donc…

La collocation est un mode de vie qui n’en est pas un. Le concept est sympa, convivial, festif, amusant, et il devient en réalité bordélique, ruinant, fatigant, alcoolisant and co. Pourquoi tous ça pour une simple vie en communauté ? Je n’en sais rien mais c’est bel et bien la réalité vécue par tant d’entre nous.

« Ce salaud a laissé ses poils traîner dans la douche ». OK, c’est vraiment un lieu commun. Il n’en demeure pas moins que c’est fréquent et que si Godzilla n’en a cure de se baigner dans sa pilosité manifeste, ce n’est pas universel comme bonheur. Pas universel, mais quotidien. Sauf quand le pervers ne se lave pas, bien sûr, auquel cas d’autres désagréments tout aussi manifestes odorent gaiement une bonne ambiance mâle.

 

L’installation en collocation se passe bien, sinon, c’est vraiment mal parti. Ouais, c’est cool, on se fend la gueule. Il arrive un jour où tout finit par être énervant. C’est fou comme un slip qui traîne est en soi dérisoire, mais rend fou certains jours. Rien ne vaut le contrat de société, un PACS de bonne volonté. On aura tout essayé. Les courses à tour de rôle, les tickets de caisse conservés avec partage pondéré des dépenses et ré-affectation statistique des frais conséquemment à la quantité ingérée individuellement, tout ça repris proportionnellement en fonction de la fréquentation (individuelle toujours mais invitations comprises) de la cuisine. L’enfoiré. Ce système était infaillible. C’était sans compter sur la perversité du malpoli qui s’arrangera pour « égarer » ses tickets, mettant à terre tout notre système légal.

La vaisselle. N’en parlons pas. On finit soit par se battre, soit par accepter le fait que bien que sale, la vaisselle n’en est pas pour autant inutilisable. Il faut tout relativiser, notamment la crasse.

« Tiens tu as invité des amis ? » Encore une soirée à balancer des politesses aux amis de mon colloc. Les amis de mes amis sont mes amis, pas ceux de mon colloc. « Non non, vous ne me dérangez pas du tout, ça me fait plaisir de vous voir ». En aparté, tu évalue le temps qu’ils devraient passer chez toi. Une heure et demi plus tard, il est difficile de ne pas manifester une certaine moue face aux discussions sans aucun doute intéressantes de ces messieurs, mais qui –te concernant- ne t’intéressent pas du tout. Faire confiance à l’entente initiale des collocs’ est une profonde erreur. Ca ne dure souvent qu’un temps, et ce jour là, les règles doivent être établies. « Touche pas à mon jus d’orange ». « Ne considère pas ma chambre comme ton salon ». « Si tu veux inviter du monde, paye leur la bouffe et accueille les dans ta chambre en bordel et pas dans la mienne rangée ». « Evite de jouer au foot dans la cuisine quand je dors ». « Viens te faire engueuler de temps en temps, ça me calme ». « Les poubelles ne sont pas ma chasse gardée ». « Touche pas à mon coca »…

 

Le colloc’ glande. Il est chiant. Il voudrait ranger quand tu es content dans ton bordel, pousse tes fringues (ce sont les miennes dans ma chambre, touche pas) pour s’asseoir dans le canapé, laisse sa chambre en bordel énorme quand vous recevez des gens, casse tes verres, squatte les placards accessibles, ne fait pas les courses même quand il a rien d’autre à foutre, viens fumer dans ta chambre, se lève quand tu te couches (et vice versa selon les jours). Bref, un colloc, c’est systématiquement déconnecté, et c’est pour cela que c’est invivable.

 

Parce que la vie d’un colloc n’engage que lui et que la tienne n’engage que toi, il n’y a aucune raison pour la partager, la vie, surtout si c’est au quotidien. Il faut admettre, cher colloc, qu’autant je t’apprécie comme invité, autant je t’apprécie comme hôte, autant tu me gonfles comme colloc…

Mais c’est pas grave, grâce à toi, on peux quand même jouer à Nikousi la gueule tous les soirs en réseau.

 

Et la prochaine fois, arrête de me gonfler parce que j’ai pas fait la vaisselle alors que tu te gênes pas pour balancer tes cendres sur mon tapis,

Espèce d’enculé de colloc’ !

 

 

 

 

Nobod.

Mercredi 17/11/1999


 

LA SAGA DES JAIMPA

  

 

J’aime pas tous ces petits détails à la fois.

J’aime pas les plantes vertes, parce que leur nom implique qu’il n’y aura jamais aucune surprise quant à leur couleur, si ce n’est lorsqu’elles deviennent jaunes, et sèchent alors que tu as une ou deux f(m)ois oublié des les arroser.

J’aime pas les juristes parce qu’ils ont une façon, non seulement de s’exprimer, mais également de penser qui ne ressemble à aucune autre et qui est déconcertante. Un juriste s’exprime avec des mots qui n’appartiennent qu’à lui et ses confrères. Pire qu’un scientifique parce que le scientifique, lui au moins, parle de choses compliquées.

J’aime pas les sportifs, mais ça, tout le monde s’en doute donc je n’ai pas besoin de m’étendre sur le sujet.

Idem pour les militaires.

J’aime pas les portables, non parce qu’ils me dérangent, mais parce que le mien ne sonne jamais.

J’aime pas les filles qui ne s’arrangent pas. On ne vous demande qu’une chose (entre autres), c’est d’être belles. Faites un effort, ça paye.

J’aime pas les végétariens. Je voudrais juste les avertir que, si ce n’est pas en mangeant des carottes qu’on attrape Kreutzvell ( ?)-Jacob, ce n’est pas non plus en mangeant des carottes qu’on est content de manger et qu’on a la patate.

J’aime pas les spam (messages publicitaires qui arrivent sur votre e-mail en grand nombre et qui sont envoyés à plein d’autres couillons). Si je cherche un site de cul, je n’ai pas besoin d’eux pour le trouver.

J’aime pas les démarches administratives. Si un type (certains ont déjà essayé mais ça a foiré) monte une boîte efficace qui s’occupe de ces démarches pour vous, il fait fortune en France (plus qu’ailleurs).

J’aime pas les processus. Ca fait six mois que je bouffe du processus en bossant. J’en peux plus.

J’aime pas les politiquement corrects qui m’empêchent de critiquer les gros et les maigres, les petits et les grands, les noirs et les blancs, les homos et les hétéros, les politiques et les juges, les livres et internet, le Monde et l’Equipe, les chefs et les sous-fifres etc, parce que ça ne se fait pas.

J’aime pas les grincheux qui n’aiment pas faire la teuf parce qu’ils ont cours ou bureau le lendemain. Produits du système, battez-vous !

J’aime pas les technocrates à deux boules qui ont réussi l’ENA. Si j’avais tenté, je suis sûr que je ne l’aurais pas eu.

 

J’aime pas les chiens, les chats, les trente millions d’amis.

J’aime pas la Télévision et le Cinéma. Ces écrans qui rendent passifs et buveurs de messages n’ont rien de bon qui vaille. Rien ne vaut un bon vieux bouquin sur le web ou le site du Monde.

J’aime pas les dictionnaires ambulants qui te remettent à ta place systématiquement parce qu’ils connaissent tout sur tout et que tu ne sais rien de rien.

J’aime pas les soirées diapo et les gens qui me montrent leurs photos de vacances. J’y étais pas, ça ne m’intéresse pas, garde tes souvenirs pour toi.

J’aime pas les chaises parce qu’on est quand même vachement mieux dans un fauteuil.

J’aime pas les politiques parce qu’ils sont très menteurs.

J’aime pas les électeurs parce qu’ils sont encore plus cons que les politiques.

J’aime pas les abstentionnistes parce que ces foutus paresseux sont plus malins que nous.

J’aime pas les snobs. Arrêtez de dire que ce site c’est d’la balle pour faire style (prononcer staïle) je maîtrise le web grave et je suis à la mode.

J’aime pas les gens qui se prennent au sérieux. Le sérieux, c’est la tristesse, l’ennui, le Monde et toutes mes condoléances à la fois.

J’aime pas les appartements rangés. Ils manquent de vie, d’humour, de finesse et d’accueil. Un bon vieux bordel pour un bon vieil apéro.

J’aime pas les apéros. Non, j’déconne.

J’aime pas les hypocrites. Pourtant, entre nous on peut l’avouer, on est tous des sales hypocrites. Je vous aime…

J’aime pas les open spaces (plateaux pour les ringards) parce j’ai l’impression permanente qu’on m’épie quand je glande.

J’aime pas la foule. Rien de plus pénible qu’une foule qui vous emporte. J’aime encore moins le calme parce que c’est encore plus déprimant. J’aime pas les autres, qu’ils soient là ou pas.

J’aime pas ta mère (ton père, tes frères et tes sœurs, woh oh…).

J’aime pas les réseaux parce que Web the Master peut voir tout ce que je suis en train d’écrire.

J’aime pas les cons (l’explication est dans l’affirmation).

 

En fait, y’a plein de trucs que j’aime pas, pas vous ?

 

 

 

 

Nobod.

 


 

Mercredi 08/12/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA 

 

Face au manque d’argent : les mêmes dépenses, le découvert en plus.

 

J’aime pas les études. Et pourtant… Les études sont longues, dures, chères, chiantes, peu gratifiantes, inutiles et généralement suivies d’une période de chômage assez longue. Pour quelque chose censé apporter aux jeunes l’intelligence, la maturité, les connaissances pratiques etc, bref, être un lien avec la vie active, échec total flagrant.

L’étudiant porte d’ailleurs en lui une bonne partie des vices que notre belle société réprouve. Face au travail, la réaction ne se fait pas attendre : la glande.

Face au manque d’argent : les mêmes dépenses, le découvert en plus.

Face à l’eau, l’alcool.

Face au sport, la clope.

Face aux clopes, le pétard.

Face à la recherche de travail, la prolongation des études.

Face à la connaissance, la télé…

 

Nous lui saurions gré de se mettre un peu à bosser mais rien n’y fera, ce en quoi il n’a pas tout à fait tort. Les études sont donc quelque chose d’assez insignifiant. Allez chercher ce qui pourrait être intéressant dans la connaissance des philosophies néo-libérales sénégalaises pour un futur prof d’histoire. Allez savoir ce que le cours de créativité apportera à un contrôleur de gestion. Allez comprendre pourquoi le cours d’ancien Français est encore enseigné en lettres modernes.

 

La contrainte des études est heureusement assez lâche pour les heureux faqueux. Une présence peu indispensable en cours d’amphi. Et pour cause. Lorsque le maître de conférence entame son monologue, qui durera quelques heures et qui traitera du sujet « la réticence dolosive dans le contrat d’entreprise », en ouvrant son manuel qu’il lira -mal- et en baillant, qu’il est à 350m de votre tablette et qu’il fait une douce chaleur humide dans la salle, vous commencerez à prendre vos notes avec courage. A la fin, vous dormirez.

 

Des études sans examens. Le rêve de chaque étudiant mis à part quelques fayots. Vous imaginez le bordel que ce serait ? Les campus se videraient lamentablement en même temps que les fûts. Les rues seraient jonchées de déchets. Même les étudiants en sport arrêteraient de courir.  A la place, lorsque la date fatidique des exams arrive, l’épidémie du par-cœur-débile recommence. Au lieu de faire vos jeux, faites vos fiches. Le métro se remplit d’étudiants avec leurs fiches qu’ils lisent et relisent comme si ça entrait. Au bout des sept ou huit lectures, ça finit par vaguement atteindre le cerveau. En gros la partie « transit » de votre micro. Sitôt les exams passés, ça ressort, et avec un peu de chance, si c’était bien entré la première fois, exams en poche, ça ne risque plus de rentrer une seconde fois.

« Olé, bonheur et plaisir, j’ai mes exams, à deux points !

- Pas moi, à deux points aussi »

La justice qui fait mal. Un coefficient mal placé et c’est l’année foutue, les mêmes cours, les mêmes profs, et les gamins en plus.

 

Ah, quand on est étudiant, ce qu’on peut critiquer les études. « J’en ai marre, je veux gagner ma vie, je veux travailler ». L’approche de la dead line se soldera en fait assez souvent par une inscription en DEA de sociologie ergonomique ou en thèse de sexologie marsupilamienne. La peur du monde du travail.

 

En gros, les études sont une période improductive bizarre dont on ne sait sortir. Et quand on voit ce que c’est de travailler, on comprend pourquoi on s’y accroche…

 

 

 

Nobod.


 

Jeudi 09/12/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas le travail. Je voudrais faire un hymne à la glande bien subversif. D’aucuns promurent par le passé les valeurs du travail. Ils se trompaient dans leur base de départ. Le travail n’est pas une valeur, il a de la valeur, en tant que marchandise. Qu’on ne vienne pas me faire croire que le travail est positif en soi. Le seul truc, c’est qu’on ne peut pas s’en passer, non parce que c’est une drogue, mais parce que les machines ne font pas tout.

L’accomplissement par le travail. Encore une foutaise que bon nombre d’entre nous espérons que ce n’en soit pas une, parce que les jeunes euromanagers que certains rêvent de devenir s’imaginent plus en salle de marché les pieds dans des Bally que les doigts de pied en éventail à Bali (ça marchait pas avec Church’s ou Weston, désolé). Et on l’aura tous bien profond (mais ça, c’est une surprise de la world company, vous verrez).

L’épanouissement par le travail. Rien de plus désolant comme thème. Si j’étais une femme, ça me choquerait beaucoup que mon homme me dise ça. Comme je ne suis pas une femme, ça me choque beaucoup que les filles disent ça. C’est vexant pour nous. Et puis ça ne rime à rien, ils / elles ne vont pas me faire croire que ça les amuse de se lever le matin à 7h ; les yeux collés, de rentrer le soir crevés, de dormir le week-end, de partir 5 semaines par an, de se faire engueuler par un boss, de diriger des abrutis, de prendre des cafés avec des collègues nases et de bouffer avec ces mêmes nases quotidiennement, d’attendre l’Heure correcte pour quitter ce plateau où l’on m’épie, d’en venir à acheter le Monde le soir et à regarder la Fureur le samedi, d’être fatigués passé 23h, de considérer enfin que c’est comme ça et qu’on n’a pas le choix ?

 

Les dites « valeurs » du travail comme l’opiniâtreté sont quand même un peu faiblardes face à la déconne. Quelqu’un d’opiniâtre est en général chiant, manque d’humour. Il est souvent borné.

Quelqu’un de travailleur. Se dit d’un looser courageux mais inefficace et gentil. « Il est niais, mais ce qu’il est travailleur ».

Courageux : qui continue à avancer même face à un mur.

Pareil à lui-même, pas lunatique : toujours chiant.

Méritant : qui a passé beaucoup de temps pour faire un truc pas terrible mais bon, il y a passé du temps.

Généreux : qui fait des heures sup’ sans jamais obtenir d’augmentation.

Proactif : hyperactif nerveux.

 

 

Un jour, un type qui s’emmerdait beaucoup dans la vie, qui n’avait pas d’ami et qui, pour qu’on se souvienne longtemps de sa phrase magique a dû au moins se pendre en grimpant à sa propre corde pour faire style je bosse a dit : « le travail, c’est la santé ». Soit il était médecin et personne n’a jamais compris son sophisme, soit il était non seulement déprimé et j’aime pas trop ça, mais il était aussi plus bête qu’intelligent.

 Qui n’a pas plutôt entendu la belle, triste et si vraie sentence « se tuer au travail ». Entre les deux proverbes, mon cœur ne balance certainement pas.

 

Beaucoup plus tard dans l’histoire des proverbes à deux boules de notre très chère langue, on a aussi dit « travailler comme un Turc ». J’ai rien contre les Turcs mais il faut quand même admettre qu’on aurait jamais dit ça des Italiens ou des étudiants. J’ai même entendu au travers d’une conversation « un travail d’Arabe » ce qui dans un pays de sales racistes doit vouloir dire mal travailler alors qu’on sait bien que ça signifie seulement un travail accompli par un Arabe. On aurait mieux fait de dire un travail d’étudiant.

 

En bref, il est temps de remettre à leur place des valeurs qui n’en sont pas, qui poussent les déconneurs à la dépression, qui font tomber les cheveux et pousser les rides. Et pour ceux qui ne sont pas convaincus, allez voir dans votre Larousse l’étymologie du terme travail : du mot latin trepalium, instrument de torture. Alors, vous voyez ?

 

Glande, je t’aime.

 

 

Nobod.


 next : http://nobod.over-blog.com/article-142009.html

et http://nobod.over-blog.com/article-118947.html

Par Nobod - Publié dans : Antique Site
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Présentation

webblog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus