Un vieux, dans un bureau vitré intégré à un hangar, habillé plutôt casual pas chic (en bleu).
Un jeune en costume, un peu coincé, avec une malette à la main. Il frappe à la porte du bureau.
- Q’est ce que c’est qu’ce tapage ?!
- Bonjour, je viens pour le recrutement dont M’sieur Jopart a du vous faire part.
- Ah, c’est toi la baltringue de concours dont Jojo m’a parlé. Alors fais voir un peu, rentre et dépose toi. (le vieux sort des documents de son bureau, sans doute un CV, et les lit un court instant). Recommandé, recommandé qu’il m’écrit ce stipendié de Jojo. Il aurait mieux fait de dire pistonné comme une bielle, ouais.
- Oh vous savez, je peux apporter à votre entreprise une réelle valeur ajoutée, notamment vous aider à réaliser un système intégré de gestion qui favorisera la prise de décision…
- J’t’arrête tout de suite lombric. Ici c’est la démocratie féodale : soit t’es de concorde, soit t’es de complot. Mon bonhomme, si j’peux te prodiguer un conseil, saisis un peu les choses avant qu’on t’y épaule, parce que là, crois moi, tu vas être un soupçon surpris. Chez pépère, t’as pas la commanderie, c’est lui qui pilote.
- Oui, bien sûr c’est vous le responsable. Mais je suis certain de vous apporter des compétences qui favoriseront vos décisions grâce aux informations pertinentes que je vous fournirai.
- Nan, c’est pépère qui décide, puisque je te dis. Et y décide comme y veut. C’est pas avec un zig comme toi que j’vais commencer à commercer. Ah comme cul terreux, on peut pas dire que t’as les connexions rapides, toi. On m’avait bien dit qu’t’avais la bouse facile, mais à ce point là, t’es qualifié d’office pour la compète du déficient honoris causae !
Le jeune homme accuse un peu le coup. Il réfléchit un instant, puis se lève, blême, et se met à aboyer.
- Nom de Dieu, tu vas fermer ta gueule espèce de bible à conneries ! J’voudrais pas t’obliger mais c’est quand même un honneur que j’te fais de venir dans ton garage te sortir de ta mouise en t’faisant les honneurs de te proposer un marché qui va te générer un cash flow de proxénète !
- J’en ai rien à taper de tes idées fixes. Je croule sous le pognon depuis que t’étais pas encore un fœtus. M’est avis qu’t’es soit un détrousseur, soit un bon à rien, et dans les deux cas ça me congestionne.
- T’as tort le vioque. Avec mon canevas, ce que tu gagnes aujourd’hui te paraîtra demain pathétique. Tu cracheras sur ton passé, ton hangar atteindra des seuils de valorisation vertigineux et tu t’enverras des ratios de fauche insensés.
- (Le vieux, sortant une bouteille de schnaps) Je vais te faire une faveur, petit cave. Mais si tu me fais perdre mon temps, j’t’enverrais mon bon souvenir dans la trogne dont tu te vanteras pas de sitôt, si dieu te fait la fleur de te laisser en vie.
A suivre :
http://nobod.over-blog.com/article-412106.html
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