Ca date de 1999. Vintage !
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas le travail. Je voudrais faire un hymne à la glande subversif. Daucuns promurent par le passé les valeurs du travail. Ils se trompaient dans leur base de départ. Le travail nest pas une valeur, il a de la valeur, en tant que marchandise. Quon ne vienne pas me faire croire que le travail est positif en soi. Le seul truc, cest quon ne peut pas sen passer, non parce que cest une drogue, mais parce que les machines ne font pas tout.
Laccomplissement par le travail. Encore une foutaise que bon nombre dentre nous espérons que ce nen soit pas une, parce que les jeunes euromanagers que certains rêvent de devenir simaginent plus en salle de marché les pieds dans des Bally que les doigts de pied en éventail à Bali (ça marchait pas avec Churchs ou Weston, désolé). Et on laura tous bien profond (mais ça, cest une surprise de la world company, vous verrez).
Lépanouissement par le travail. Rien de plus désolant comme thème. Si jétais une femme, ça me choquerait beaucoup que mon homme me dise ça. Comme je ne suis pas une femme, ça me choque beaucoup que les filles disent ça. Cest vexant pour nous. Et puis ça ne rime à rien, ils / elles ne vont pas me faire croire que ça les amuse de se lever le matin à 7h ; les yeux collés, de rentrer le soir crevés, de dormir le week-end, de partir 5 semaines par an, de se faire engueuler par un boss, de diriger des abrutis, de prendre des cafés avec des collègues nases et de bouffer avec ces mêmes nases quotidiennement, dattendre lHeure correcte pour quitter ce plateau où lon mépie, den venir à acheter le Monde le soir et à regarder la Fureur le samedi, dêtre fatigués passé 23h, de considérer enfin que cest comme ça et quon na pas le choix ?
Les dites « valeurs » du travail comme lopiniâtreté sont quand même un peu faiblardes face à la déconne. Quelquun dopiniâtre est en général chiant, manque dhumour. Il est souvent borné.
Quelquun de travailleur. Se dit dun looser courageux mais inefficace et gentil. « Il est niais, mais ce quil est travailleur ».
Courageux : qui continue à avancer même face à un mur.
Pareil à lui-même, pas lunatique : toujours chiant.
Méritant : qui a passé beaucoup de temps pour faire un truc pas terrible mais bon, il y a passé du temps.
Généreux : qui fait des heures sup sans jamais obtenir daugmentation.
Proactif : hyperactif nerveux.
Un jour, un type qui semmerdait beaucoup dans la vie, qui navait pas dami et qui, pour quon se souvienne longtemps de sa phrase magique a dû au moins se pendre en grimpant à sa propre corde pour faire style je bosse a dit : « le travail, cest la santé ». Soit il était médecin et personne na jamais compris son sophisme, soit il était non seulement déprimé et jaime pas trop ça, mais il était aussi plus bête quintelligent.
Qui na pas plutôt entendu la belle, triste et si vraie sentence « se tuer au travail ». Entre les deux proverbes, mon cur ne balance certainement pas.
Beaucoup plus tard dans lhistoire des proverbes à deux boules de notre très chère langue, on a aussi dit « travailler comme un Turc ». Jai rien contre les Turcs mais il faut quand même admettre quon aurait jamais dit ça des Italiens ou des étudiants. Jai même entendu au travers dune conversation « un travail dArabe » ce qui dans un pays de sales racistes doit vouloir dire mal travailler alors quon sait bien que ça signifie seulement un travail accompli par un Arabe. On aurait mieux fait de dire un travail détudiant.
En bref, il est temps de remettre à leur place des valeurs qui nen sont pas, qui poussent les déconneurs à la dépression, qui font tomber les cheveux et pousser les rides. Et pour ceux qui ne sont pas convaincus, allez voir dans votre Larousse létymologie du terme travail : du mot latin trepalium, instrument de torture. Alors, vous voyez ?
Glande, je taime.
Nobod.
Jeudi /1999
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas tout ça.
Jaime pas les agences immobilières qui réclament un extrait de poil de cul de ma caution pour que mon dossier soit accepté.
Jaime pas les grincheux, les gens qui se plaignent tout le temps parce que rien ne va sur Terre. Tout va bien, le tout, cest dy croire.
Jaime pas les gens qui marrêtent dans la rue pour me demander si jaime la mousse de canard. Je ne vois pas en quoi ça peut les intéresser. Et puis ça ne les regarde pas.
Jaime pas les voyages organisés. Ca manque daventure.
Jaime pas le cinéma. Payer pour passer deux heures dans une chambre noire avec un écran qui fait mal aux yeux et ressortir écouter les commentaires nases de tous les autres en ayant limpression de sortir du lit, non merci.
Jaime pas les contractuelles. Je préfère encore les militaires.
Jaime pas largent. Sujet trop vaste, surtout quand on nen a pas.
Jaime pas les chattars dans le train. Dernière expérience : citation dun chattar lyonnais « Ouahhh, le respect, cest dfoutre des grosses gifles à tout le monde ». Sans commentaire.
Jaime pas les pétroliers qui déversent leurs saloperies sur les plages bretonnes. Je vais aller draguer où, cet été ? Merci pour tout.
Jaime pas les conférences où on est censé apprendre quelque chose. On nen tire jamais rien. Au moins, quand on va en boîte, on sait à quoi sattendre.
Jaime pas les musées. Rien de plus désagréable de se retrouver dans une grande pièce avec plein de tableaux, de statues et de beaufs.
Jaime pas faire les courses. Vivement que le web évolue.
Jaime pas les corrompus. Jai compris pourquoi les politiques se battent tellement pour gagner les élections : la tune.
Jaime, pas plus que la dernière fois, les chiens, les chats, les trente millions damis.
Jaime pas les planches sur tréteaux en guise de table. Cest super bancal, cest laid, et puis jaime pas ça.
Jaime pas le réveil. Cest le moment le plus désagréable de la journée, avec le moment ou je me lève.
Jaime pas le regard des autres oppressant lexistence de lautre. Cest fou ce quun regard peut être significatif de méchanceté.
Jaime pas les radiateurs qui ne fonctionnent pas. Cest lhiver, on se gèle !
Vraiment, jaime pas cette planche à tréteaux
Bah quoi, on peut pas tout aimer dans la vie !
Nobod.
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas le web.
Premier acte : la connexion. Il faut déjà en avoir
Les serveurs sont gratuits, pas les micro-ordinateurs, pas le modem, et pas les deux heures au téléphone 2,23 F la minute avec la standardiste (autre sujet) de Liberty surf pour comprendre à quel mulot se vouer. Tu as le matos. Bien maintenant, toi qui na jamais touché un mulot électronique, ne vas pas timaginer que linternet, cest simple comme bonjour. Tu as déjà galéré pas mal dheures entre concepts de mémoire vive et morte, bits et pouces, logiciel de transmission FTP et autres windows NT. Finalement, ton copain informaticien ta vivement conseillé le dernier PC acer à 7000 boules. Pour un débutant, cest nickel. La deuxième scène est consacrée aux branchements. Première tentative dallumage du bouton power. Rien ne se passe. Deuxième coup. Rien ne se passe. Troisième coup, cette fois-ci sur lécran (« tu vas tallumer putain ! »). Quatrième coup, de téléphone, cette fois-ci à ton ami centralien.
Finalement, norton anti-virus vient te rendre visite. On ta dit de trouver les clics pour te mettre on line. Tout se finira par une nuit dalcoolisme dépressive (« je suis pas dans le coup, faut que jadmette »), une aspirine le lendemain et le contact sauveur de celui que tu as choisi pour venir taccueillir chez eux, sur le web. La standardiste est nase, tiens, bizarre. Tu as cliqué sur tous les mulots, de gauche, de droite, sur toutes les icônes (aucun lien religieux). Après trois standardistes, huit heures, quatre ex-copains centraliens, 2786,45 F de communication téléphonique, sept tubes daspirine, deux claviers défoncés et un écran crevé à coups de latte, tu découvres Internet.
Deuxième acte : la dépression. Commençons par le mail. Putain, ça marche (« Et dis, tu as reçu mon e-mail ? Oui, connard, pourquoi tu mappelles pour me demander ? »). Lespoir repart sur le web. Ca va surfer grave
Je vais chercher des infos sur les Landes, je veux voir à lavance où je pars en vacances. Trouver un moteur de recherche. Facile toujours, je clique de plus en plus vite.
Erreur de connexion. Première grande frayeur.
Hôte introuvable. Deuxième grande frayeur.
Vanessa vient te suc
.Troisième grande frayeur. Tu tes retrouvé sur un site porno alors que tu avais cherché Landes sur yahoo ? Tinquiète, cest normal, le web, cest très libertin et bordélique comme bibliothèque.
Aucune info sur les Landes sur aucun moteur. Je dois pas être au niveau. Juste quelques sites sur les glandes (les pervers), ainsi que sur une exploitation on line de vaches landaises
Bon, il me reste lhoroscope de multimania. Il dit que je vais passer une sale journée. Super. Je ferai bien mon propre site sur les Landes mais je capte rien au htlm (pour info, cest html).
Mes courses sur internet. On ma livré deux semaines en retard mes courses de produit frais, ma carte sest retrouvée sur le web et on ma tiré 40 000 boules parce que mon code était sur le web. Encore un hacker de merde. Et je suis pas assuré parce que le site, qui a fermé entre temps, nétait pas sécurisé.
Troisième acte : la désertion. Je ne retourne plus sur le web que sur le site du Monde. Les articles mettent trois plombes à être édités, je me nique les yeux et deviens de plus en plus autiste. Des fois, jouvre trois fenêtres à la fois pour limiter le temps de connexion. Une sur le Monde, la deuxième sur la Tribune et la dernière sur sex.com. Cest cool. Jai toujours un il dans le dos pour pas me faire piquer, mais il paraît que de toutes façons, on peut tout savoir avec mon historique. De toutes façons, je men fous, la semaine prochaine, jarrête.
Et puis je reçois plus jamais de mail. Je préfère le téléphone. Cest pas sûr le mail, des fois, les gens reçoivent pas mes messages. Bizarre, on mavait dit que cétait pas possible. En revanche, sex.com, ça marche toujours. Ya une vitesse de connexion sur ce site
Mercredi /03/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas les secrétaires et standardistes. Leur seul avantage est dêtre parfois belle, mais généralement, on ne les voit même pas vu que tout se fait désormais pas téléphone. Leur boulot est inintéressant au possible. La vie se résume ainsi : de parapheurs en agendas
Recherche dinformation sur mon compte en banque. La secrétaire cherche mon « conseiller clientèle ». Oh, il est pas là aujourdhui. Zut alors. Quelquun pour le remplacer ? Evitez de poser cette question. Préférez rappeler plus tard en espérant tomber sur quelquun dautre ou passer directement court-circuiter la folle. Sinon, cest un bon quart dheure dattente et une engueulade à la fin histoire de vous faire comprendre quaujourdhui, les clients sont vraiment de plus en plus exigeants. Depuis le temps, je me demande comment ils étaient avant.
Ca devait être ça :
« Bonjour madame, avec tout le respect que je vous dois, auriez-vous lextrême obligeance de vérifier que mon conseiller clientèle nest pas là ?
- Non, il nest pas là.
- Ah, excusez-moi, Madame, je suis confus, je ne rappellerai plus afin déviter de vous déranger pour rien. »
Demande à la secrétaire du commercial qui ma vendu ses saloperies, afin de savoir si les produits que jai achetés sont bien partis (sachant que ça fait trois fois que des retards de livraison mont bien mis dans la memerde). « Mais bien sûr quils doivent être partis, comme dhabitude !
- Oui, cest bien ça le problème, la dernière fois, ils étaient en retard, Madame
- Monsieur, ne soyez pas désagréables, nous, nous avons des clients. »
Bien la politique commerciale
Réclamation à B télécom qui ma fermé ma ligne sans ma demande ni mes impayés.
« Bonjour Madame, je ne comprends pas, ma ligne ne fonctionne pas et
- Vous navez pas dû payer.
- Si si, jai tout payé, il doit y avoir une erreur.
- Voyons, Monsieur, nous faisons rarement des erreurs, envoyez-nous un courrier, en cas derreur de notre part, nous ferons un geste commercial en votre faveur.
- Cest ça poufiasse, et moi, le geste que je fais derrière mon téléphone, cest un gros doigt parce que je temmerde et que jai besoin de mon téléphone. »
Voilà en quelques exemples les contacts chaleureux des chiens de garde téléphoniques. Depuis, jai changé de banque, jai un portable S
., et le commercial sest fait virer faute de clients
Depuis, jai eu affaire à de nouvelles standardistes. Et la boucle recommence.
Mais leurs copines secrétaires sont vachement plus efficaces. Beaucoup plus intelligentes, beaucoup plus formées, plus gentilles, plus ambitieuses, connaissant tout le monde et tous les dossiers. Et jolies de surcroît. Dailleurs, jen sais quelque chose. Je viens de me faire virer, et ma secrétaire a repris mon poste. Et il paraît que le service marche vachement mieux maintenant. Bizarre. Je crois que je préfère encore ces connes de standardistes qui nont jamais piqué le boulot de personne.
Une secrétaire bête, va encore, mais une secrétaire intelligente, non. Trop intelligente pour être secrétaire
Mercredi /03/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas les rugbeux. La semaine dernière, jai eu la chance de déjeuner avec 5 rugbeux, sachant que nous étions 6 à table. Rien de volontaire dans tout cela, le plan rugbeux nétant au départ pas à lordre du jour. Mais quà cela ne tienne, puisque toutes les formes dexpérience sont fashioned à lheure actuelle, je me suis retrouvé à table avec 5 rugbeux. Dur. 5 rugbeux avant le match de lannée pour eux. Très dur. Le rugbeux est en soi assez idiot, mais avant un match, il devient clairement débile. Sympathique de surcroît.
La discussion na pas été hautement intellectuelle, mais joviale, et surtout sans censure. Les voisins du restaurant auraient sans doute apprécié un peu de cette censure qui se perd, mais non. Un rubgeux seul, cest un rugbeux. Un rugbeux entre autres, cest un gros con.
Début du repas. Thème abordé : le sexe. Bien fort, avec des métaphores géniales, un style rugbeux sil en est, un humour dévastateur, sans frilosité devant la bassesse.
Milieu du repas. Thème abordé : le sexe. Bien fort, avec des métaphores géniales, un style rugbeux sil en est, un humour dévastateur, sans frilosité devant la bassesse.
Fin du repas. Thème abordé : le sexe. Bien fort, avec des métaphores géniales, un style rugbeux sil en est, un humour dévastateur, sans frilosité devant la bassesse.
Juste de vagues intermèdes sur le rugby, la blessure de Jean-Paul, les adversaires à qui on va foutre la pâtée, et les échanges du ballon à table.
Un des membres (celui qui mavait foutu dans cette merde) mexpliqua plus tard que ça nétait pas toujours comme ça (ce qui sous-entend quand même que cest généralement le cas), et que toute cette classe était expliqué par le match de lannée qui se jouait quelques heures plus tard. Je lui sus gré de ses explications.
Le match sest ensuite joué, et léquipe a gagné, quelque chose comme 59/0 (comme quoi, parler cul tout le repas précédant le match est peut-être la bonne stratégie). Place donc aux étreintes langoureuses des rugbeux transpirants, place aux douches collectives et aux jeux décontractants.
Puis place à la fête. Restaurant si lheure le permet. Le rugbeux va se mettre minable. Dévoilement de brochettes de fesses de rugbeux. Puis grand jeu « pine in the wine ». Chacun met son zizi dans son verre de vin puis tout le monde boit. Grandiose moment de lesprit déquipe (souvenez-vous de la phrase de Coluche sur lesprit déquipe). Ensuite, on sasperge de vin sil en reste et on vomit sur les tapisseries, au grand amusement du restaurateur
Il est temps de sortir. On va donc tous uriner contre une belle voiture, histoire de samuser. Drôle.
Et on finit dans un des seuls bars accueillant encore les démons, légèrement baveux, lil peu sûr de lui, matant la gueuse effrayée, et poussant des grognements de satisfaction (eueuhhaaarggghhhhhh).
Bref, il intègre avec fierté la caste des cons du soir après un match gagné.
Le réveil du lendemain est dur, mais fier. « On les a explosés ». Chacun raconte ses exploits à ses potes, de sorte que si lon recompte les essais, ils auraient dû gagner 123/0. Mais peu importe, ils sont tellement contents.
Le 15 a gagné son combat, il sest senti revêtu de la souveraineté populaire linstant dun match. Il a remporté cette victoire. Il est courageux, combatif, tacticien, idiot.
Et puis en mangeant avec des rugbeux, finalement, on apprend plein de blagues bien lourdes pour épater tous ses potes...
Nobod.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Vos commentaires