Dimanche 27 février 2005

Ca date de 1999 !

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les intellectuels. Je parle des intellectuels de gauche. Je pensai consacrer un autre jaimpa aux intellectuels de droite, mais j’ai  réfléchi (bah je vous remercie !). Les intellectuels de droite n’existent pas. C’est pas que j’aime pas les droitistes, mais ce qui est sûr c’est que les gauchistes me gonflent bien et en particulier leurs intellos et autres BHL (qui pourtant participe à la ligne éditoriale de ce putain de magazine qu’est le point qui est particulièrement à droite).

            Bref, à droite ils sont pas intellos, à gauche ils sont cons. Critique facile mais ça fait du bien de temps en temps. Bien, les guignols de l’info se sont complètement plantés. D’abord parce que la marionnette de BHL est nulle, il ressemble à rien et dit n’importe quoi, ce qui est faux. Ensuite parce que eux aussi se prennent pour des intellos satyriques alors qu’ils ne font que rire (genre on m’aurait menti). BHL. Gros con. Petit con. Qui se tape cette belle conne de Dombasle. A la limite, je préfère JF Kahn, voire P Bruckner (non, les mecs, pas Brunner, lui, c’est les chansons sur la 3). Eux au moins, ils font loosers tout de suite. Des vrais quoi, voire des collègues. Loosers de tous les pays unissez-vous ! Souvenez-vous de ce que Kahn et BHL nous ont pris la tête pendant la Bosnie (avant le Kosovo, y’a quelques années. Si vous ne vous souvenez pas, je ne peux plus rien pour vous). Le looser défendant rien, l’autre étant pro-bosniaque. Tout ça est question d’attitude me direz-vous. Vous avez raison.

            L’intellectuellat est un métier. Ces mecs sont payés par des institutions ou des couillons (quand vous achetez leurs bouquins, genre tous les nazes qui ont lu « le monde de sophie » en se sentant une fibre intellectualiste). Ce qui est délirant, c’est qu’on entende des discours tel que « les intellectuels sont là pour faire avancer les choses, c’est notre rôle dans la société. Nous devons guider la pensée ». Et là, le couillon te sort la plus belle « Halte à la pensée unique ».

Je ne suis pas d’un naturel violent mais je casserais bien la tête à l’inventeur génial de cette expression (également pour d’autres raisons…).

            Les intellectuels ne sont jamais d’accord entre eux (voire avec eux-mêmes, dur dilemme depuis l’holocauste qui pourtant n’a vraiment rien à foutre ici). Au final, on a un problème et autant de solutions qu’il y a d’intellos voire plus. En général, les solutions s’opposent. Une seule est bonne. Y’en a un d’intelligent et tous les autres sont des intellectuels. Je n’ai pas dit nase. J’ai dit intellectuel. L’intellectuel s’est vu confier divinement un mandat de soutien aux plus débiles. Comme si les débiles écoutaient les intellectuels. Non, ceux qui les écoutent, ce sont les gens qui se croient intelligents mais qui sentent que la défaillance est fréquente. Les plus intelligents on arrêté de perdre leur temps à écouter les palabres de Bourdieu & cie.

D’aucuns n’aiment pas les ingénieurs et scientifiques, ceux-ci parlant un langage que l’on ne comprend pas –entre autres raisons- mais les intellectuels parlent des choses de la vie avec un « langage » qui n’en est pas un. Pour ceux qui ont fait un peu de philo dans le passé (sinon, ça viendra peut-être un jour), le langage permet de communiquer et facilite la pensée. Les intellectuels ont du boulot. Mais ça aussi, ça viendra, j’ai bon espoir que plus personne ne se prétende intellectuel à l’aube de 2100.

« Etre conscient de son ignorance, c’est déjà en savoir beaucoup ». Qui a dit ça ? Alors, vous ne trouvez pas bande d’ignares ? Ne cherchez plus, je viens de l’inventer, faute de citations disponibles. Soyons d’accord, c’est nul. C’est le type même de la phrase toute faite qui ne transcrit qu’une bêtise ou une évidence.  Ca, c’est la phrase du jeune intellectuel immature.

« Etre conscient de son ignorance, c’est se faire une représentation de l’esprit qui encombre le tréfonds dans sa plus grande fonction, à savoir la consécration ultime de la régénération de l’intelligence ». Clairement cette fois-ci, ça ne veut vraiment pas dire grand chose. Et bah cette fois-ci, c’est un vrai intello qui parle, vu que c’est pas moi…

 

 

                                                                                                                                    Nobod.

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les dessins animés, films de science-fiction -débiles- jeux video et autres produits dérivés.

« Pistolet laser ! Transss-fooormation. Formation Bleu  !!! » Ce vieil abruti de Goldorak se serait fait casser la gueule plus d’une fois s’il s’était retrouvé face à une bande de biomen… Ils sont de plus en plus forts, bossent maintenant en équipe, luttent contre le mal non sans violence (ou contre la violence non sans mal), deviennent des sex-symbols séducteurs hors pair. Bientôt, ils picoleront et fumeront des joints (des vrais branleurs, en somme), à moins qu’ils ne se mettent à boire. Vous imaginez un héros de science-fiction alcoolique ? Là au moins, il y aurait quelque chose de créatif, de drôle. Il se brûlerait les paluches avec son épée-néon, se ramasserait quand ils ferait ses sauts à la star wars, vomirait en fin de film… Bref, on s’amuserait un peu.

            Aujourd’hui, les enfants admirent plus Luc Sky Walker éclatant Dark Vador que Robin des bois faisant la peau à ce salopard de prince Jean. Et pourtant, force est d’admettre que, quelles que soient les interprétations, Marianne n’était pas la plus moche du royaume et Robin la plus tarlouze du village. D’ailleurs, ils ont acheté le jeu star wars et auront bientôt la « dream cast » pour tuer tous les méchants (c’est le futur must en terme de console de jeux). Du temps de Target Renegade, quand on avait des amstrad, c’était de la bagarre propre et sans bavure. C’est devenu n’importe quoi. Il faut taper sur des ennemis à n’en plus finir avec des armes différentes, tu as trois vies avant de mourir (ce qui permet à l’enfant de se croire plus fort alors qu’il est en train de devenir épileptique, et aux parents d’avoir la paix un peu plus longtemps), tu passes pour un moyen-âgeux quand tu proposes à un enfant de jouer aux cow-boys et aux indiens (ce qui quoiqu’on en dise, était plus facile que de se mettre dans la peau de Dark Vador, lui, je ne l’aime vraiment pas).

 

Bref, on est en train de créer une génération d’épileptiques névrosés pas foutus de se battre sans pistolet laser, qui ne savent plus jouer aux échecs et inventer des jeux, et qui remplissent leurs chambres de gros monstres horribles censés représenter quelque chose qu’on ne saisira jamais. Et de surcroît, ils ne savent plus communiquer entre eux.

Merci pour tout.

Non, ils feraient mieux d’aller voir Jeanne d’Arc la coquine, jouer au foot avec leurs copains et lire les six compagnons et le vilain fantôme. Le pire, c’est que les adultes (les jeunes adultes)  ne résistent plus non plus. Ils piquent les jeux des enfants, leur achètent d’autant plus volontiers les jeux qu’ils ont envie d’essayer aussi.

 

En espérant que ça leur passe, et en attendant l’aurore, je vais certainement pas aller claquer 40 boules pour voir le dernier film de Dark Vador le gentil futur méchant. Mais quand ça passera à la télé….

 

 

Nobod.

 


 

 

Mardi 02/11/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les déprimés. Je sens encore qu’on va me faire un faux procès de mauvaise qualité. Tant pis, j’aime vraiment pas les déprimés. Souvenez-vous des lépreux avec leurs capes noires et leurs crécelles sans lesquelles ils ne pouvaient sortir de leur mouroir. Ce n’est pas qu’on les trouvait indignes de côtoyer le reste de la population mais une lutte drastique contre la contamination. Eh, bien, tirons des enseignements du passé. Dès qu’une personne se sent déprimée, qu’elle se balade avec une petite clochette en disant « je suis déprimée, ne m’approchez pas ». D’abord, il y aurait du jour au lendemain beaucoup moins de déprimés. Ensuite, ils déprimeraient moins les autres et ça ferait toujours moins de déprimés.

Bien, sans atteindre des excès qu’on qualifiera de racistes (ce qui n’a rien à foutre ici mais comme des nases vont le dire, je préfère les devancer), je crois que les déprimés devraient un peu cesser de se plaindre. Je devrais un peu limiter l’étendue du sujet. Si ta femme est morte ce matin (et que ce n’est pas une délivrance), je comprends et je ne critique pas la déprime. Sauf que ce n’est plus vraiment de la déprime mais du chagrin. Et je ne dis rien. Mais le petit pervers qui se lève déprimé parce que « aujourd’hui, ça va pas », m’énerve. Y’a des enfants qui meurent de faim dans le monde. Elle est bien ridicule ta déprime. C’est la déprime du petit occidental qui mange bien, boit bien, dort au chaud et s’habille neuf. Ce petit qui ne voit plus que son petit ego, son petit bonheur, sa petite déprime, ses petits problèmes, ses petites amies et son petit cœur. Espèce de petit égoïste de merde, tiens. Elle est pas belle la vie ? C’est quoi le problème ? Y’a pas de lézard, oublie le lézard.

 

Le petit déprimé arrive sans rien dire. « Tiens, aujourd’hui, il est de mauvais poil.

-Non, pire, il est déprimé. »

 

Au départ, il faut s’armer de pincettes. Pour se donner une impression de grandeur, de discrétion et de sérieux, il ne décrit pas l’origine de sa déprime :

« Ca va pas, qu’est ce qu’il t’arrive ?

- Rien rien », répond-il en bougonnant. Si tu le pousses (d’ailleurs, c’est aussi souvent une fille, voire plus) un peu, il va se lâcher. Là, c’est l’erreur. Quand quelqu’un vous répond ce qui a été écrit plus haut, laissez tomber pour la journée, demain, Monsieur aura fini son boudin. Si vous insistez, il va vous faire comprendre que sa vie est un enfer, que tout est dramatique même s’il est super fort (ego toujours), et qu’il en peut plus, tout ça en restant très évasif sur les origines de la déprime. Une bonne demi-heure de perdue, tout ça pour écouter des broutilles de la vie du genre :

 

« Je me suis engueulé avec ma copine et j’en peux plus / Je me suis engueulée avec mon copain et j’en peux plus »

 

« Je sais pas, j’ai pas le moral, tu comprends, c’est trop galère en ce moment, avec le boulot, et puis tous les problèmes que j’ai…….. »

 

« Ouais, avec ce temps, je suis crevé, et puis le week-end était horrible »

 

« pffff, de toutes façons, la vie a aucun sens, j’en ai vraiment marre » (lui, ne vous inquiétez pas, il bluffe).

 

Ah, c’est engageant, des phrases pareilles. Elles n’ont rien de convaincantes et pourtant, rien de plus contagieux que la déprime. A force de rester avec des gens qui dépriment, on finit par adopter leur mode de non-pensée et on devient comme eux (c’est comme la grippe).

 

Allez, faisons-nous plaisir. Une déprime = une engueulade ou un scandale. Si à chaque fois que quelqu’un vous ennuie avec « ses » problèmes, vous lui sortez un petit scandale, une dérision humoristique ou une engueulade du genre « tu vas te bouger gros lourd », ça va changer ! Et on ne sera plus déprimé et la vie sera que du bonheur et tout et tout…

 

 

 

Nobod.


 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas les collocs’. Le sujet est épineux, dangereux (risque de fessée ce soir…), polémique à souhait, récurrent, mais je ne peux m’empêcher d’en parler un peu. En ce moment, j’ai un colloc. Ben, ne te sens pas visé, ce que je vais raconter là est inspiré de faits réels, mais inspirés seulement. Et puis j’ai aussi co-loué avec une vieille donc…

La collocation est un mode de vie qui n’en est pas un. Le concept est sympa, convivial, festif, amusant, et il devient en réalité bordélique, ruinant, fatigant, alcoolisant and co. Pourquoi tous ça pour une simple vie en communauté ? Je n’en sais rien mais c’est bel et bien la réalité vécue par tant d’entre nous.

« Ce salaud a laissé ses poils traîner dans la douche ». OK, c’est vraiment un lieu commun. Il n’en demeure pas moins que c’est fréquent et que si Godzilla n’en a cure de se baigner dans sa pilosité manifeste, ce n’est pas universel comme bonheur. Pas universel, mais quotidien. Sauf quand le pervers ne se lave pas, bien sûr, auquel cas d’autres désagréments tout aussi manifestes odorent gaiement une bonne ambiance mâle.

 

L’installation en collocation se passe bien, sinon, c’est vraiment mal parti. Ouais, c’est cool, on se fend la gueule. Il arrive un jour où tout finit par être énervant. C’est fou comme un slip qui traîne est en soi dérisoire, mais rend fou certains jours. Rien ne vaut le contrat de société, un PACS de bonne volonté. On aura tout essayé. Les courses à tour de rôle, les tickets de caisse conservés avec partage pondéré des dépenses et ré-affectation statistique des frais conséquemment à la quantité ingérée individuellement, tout ça repris proportionnellement en fonction de la fréquentation (individuelle toujours mais invitations comprises) de la cuisine. L’enfoiré. Ce système était infaillible. C’était sans compter sur la perversité du malpoli qui s’arrangera pour « égarer » ses tickets, mettant à terre tout notre système légal.

La vaisselle. N’en parlons pas. On finit soit par se battre, soit par accepter le fait que bien que sale, la vaisselle n’en est pas pour autant inutilisable. Il faut tout relativiser, notamment la crasse.

« Tiens tu as invité des amis ? » Encore une soirée à balancer des politesses aux amis de mon colloc. Les amis de mes amis sont mes amis, pas ceux de mon colloc. « Non non, vous ne me dérangez pas du tout, ça me fait plaisir de vous voir ». En aparté, tu évalue le temps qu’ils devraient passer chez toi. Une heure et demi plus tard, il est difficile de ne pas manifester une certaine moue face aux discussions sans aucun doute intéressantes de ces messieurs, mais qui –te concernant- ne t’intéressent pas du tout. Faire confiance à l’entente initiale des collocs’ est une profonde erreur. Ca ne dure souvent qu’un temps, et ce jour là, les règles doivent être établies. « Touche pas à mon jus d’orange ». « Ne considère pas ma chambre comme ton salon ». « Si tu veux inviter du monde, paye leur la bouffe et accueille les dans ta chambre en bordel et pas dans la mienne rangée ». « Evite de jouer au foot dans la cuisine quand je dors ». « Viens te faire engueuler de temps en temps, ça me calme ». « Les poubelles ne sont pas ma chasse gardée ». « Touche pas à mon coca »…

 

Le colloc’ glande. Il est chiant. Il voudrait ranger quand tu es content dans ton bordel, pousse tes fringues (ce sont les miennes dans ma chambre, touche pas) pour s’asseoir dans le canapé, laisse sa chambre en bordel énorme quand vous recevez des gens, casse tes verres, squatte les placards accessibles, ne fait pas les courses même quand il a rien d’autre à foutre, viens fumer dans ta chambre, se lève quand tu te couches (et vice versa selon les jours). Bref, un colloc, c’est systématiquement déconnecté, et c’est pour cela que c’est invivable.

 

Parce que la vie d’un colloc n’engage que lui et que la tienne n’engage que toi, il n’y a aucune raison pour la partager, la vie, surtout si c’est au quotidien. Il faut admettre, cher colloc, qu’autant je t’apprécie comme invité, autant je t’apprécie comme hôte, autant tu me gonfles comme colloc…

Mais c’est pas grave, grâce à toi, on peux quand même jouer à Nikousi la gueule tous les soirs en réseau.

 

Et la prochaine fois, arrête de me gonfler parce que j’ai pas fait la vaisselle alors que tu te gênes pas pour balancer tes cendres sur mon tapis,

Espèce d’enculé de colloc’ !

 

 

 

 

Nobod.

Mercredi 17/11/1999


 

LA SAGA DES JAIMPA

  

 

J’aime pas tous ces petits détails à la fois.

J’aime pas les plantes vertes, parce que leur nom implique qu’il n’y aura jamais aucune surprise quant à leur couleur, si ce n’est lorsqu’elles deviennent jaunes, et sèchent alors que tu as une ou deux f(m)ois oublié des les arroser.

J’aime pas les juristes parce qu’ils ont une façon, non seulement de s’exprimer, mais également de penser qui ne ressemble à aucune autre et qui est déconcertante. Un juriste s’exprime avec des mots qui n’appartiennent qu’à lui et ses confrères. Pire qu’un scientifique parce que le scientifique, lui au moins, parle de choses compliquées.

J’aime pas les sportifs, mais ça, tout le monde s’en doute donc je n’ai pas besoin de m’étendre sur le sujet.

Idem pour les militaires.

J’aime pas les portables, non parce qu’ils me dérangent, mais parce que le mien ne sonne jamais.

J’aime pas les filles qui ne s’arrangent pas. On ne vous demande qu’une chose (entre autres), c’est d’être belles. Faites un effort, ça paye.

J’aime pas les végétariens. Je voudrais juste les avertir que, si ce n’est pas en mangeant des carottes qu’on attrape Kreutzvell ( ?)-Jacob, ce n’est pas non plus en mangeant des carottes qu’on est content de manger et qu’on a la patate.

J’aime pas les spam (messages publicitaires qui arrivent sur votre e-mail en grand nombre et qui sont envoyés à plein d’autres couillons). Si je cherche un site de cul, je n’ai pas besoin d’eux pour le trouver.

J’aime pas les démarches administratives. Si un type (certains ont déjà essayé mais ça a foiré) monte une boîte efficace qui s’occupe de ces démarches pour vous, il fait fortune en France (plus qu’ailleurs).

J’aime pas les processus. Ca fait six mois que je bouffe du processus en bossant. J’en peux plus.

J’aime pas les politiquement corrects qui m’empêchent de critiquer les gros et les maigres, les petits et les grands, les noirs et les blancs, les homos et les hétéros, les politiques et les juges, les livres et internet, le Monde et l’Equipe, les chefs et les sous-fifres etc, parce que ça ne se fait pas.

J’aime pas les grincheux qui n’aiment pas faire la teuf parce qu’ils ont cours ou bureau le lendemain. Produits du système, battez-vous !

J’aime pas les technocrates à deux boules qui ont réussi l’ENA. Si j’avais tenté, je suis sûr que je ne l’aurais pas eu.

 

J’aime pas les chiens, les chats, les trente millions d’amis.

J’aime pas la Télévision et le Cinéma. Ces écrans qui rendent passifs et buveurs de messages n’ont rien de bon qui vaille. Rien ne vaut un bon vieux bouquin sur le web ou le site du Monde.

J’aime pas les dictionnaires ambulants qui te remettent à ta place systématiquement parce qu’ils connaissent tout sur tout et que tu ne sais rien de rien.

J’aime pas les soirées diapo et les gens qui me montrent leurs photos de vacances. J’y étais pas, ça ne m’intéresse pas, garde tes souvenirs pour toi.

J’aime pas les chaises parce qu’on est quand même vachement mieux dans un fauteuil.

J’aime pas les politiques parce qu’ils sont très menteurs.

J’aime pas les électeurs parce qu’ils sont encore plus cons que les politiques.

J’aime pas les abstentionnistes parce que ces foutus paresseux sont plus malins que nous.

J’aime pas les snobs. Arrêtez de dire que ce site c’est d’la balle pour faire style (prononcer staïle) je maîtrise le web grave et je suis à la mode.

J’aime pas les gens qui se prennent au sérieux. Le sérieux, c’est la tristesse, l’ennui, le Monde et toutes mes condoléances à la fois.

J’aime pas les appartements rangés. Ils manquent de vie, d’humour, de finesse et d’accueil. Un bon vieux bordel pour un bon vieil apéro.

J’aime pas les apéros. Non, j’déconne.

J’aime pas les hypocrites. Pourtant, entre nous on peut l’avouer, on est tous des sales hypocrites. Je vous aime…

J’aime pas les open spaces (plateaux pour les ringards) parce j’ai l’impression permanente qu’on m’épie quand je glande.

J’aime pas la foule. Rien de plus pénible qu’une foule qui vous emporte. J’aime encore moins le calme parce que c’est encore plus déprimant. J’aime pas les autres, qu’ils soient là ou pas.

J’aime pas ta mère (ton père, tes frères et tes sœurs, woh oh…).

J’aime pas les réseaux parce que Web the Master peut voir tout ce que je suis en train d’écrire.

J’aime pas les cons (l’explication est dans l’affirmation).

 

En fait, y’a plein de trucs que j’aime pas, pas vous ?

 

 

 

 

Nobod.

 


 

Mercredi 08/12/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA 

 

Face au manque d’argent : les mêmes dépenses, le découvert en plus.

 

J’aime pas les études. Et pourtant… Les études sont longues, dures, chères, chiantes, peu gratifiantes, inutiles et généralement suivies d’une période de chômage assez longue. Pour quelque chose censé apporter aux jeunes l’intelligence, la maturité, les connaissances pratiques etc, bref, être un lien avec la vie active, échec total flagrant.

L’étudiant porte d’ailleurs en lui une bonne partie des vices que notre belle société réprouve. Face au travail, la réaction ne se fait pas attendre : la glande.

Face au manque d’argent : les mêmes dépenses, le découvert en plus.

Face à l’eau, l’alcool.

Face au sport, la clope.

Face aux clopes, le pétard.

Face à la recherche de travail, la prolongation des études.

Face à la connaissance, la télé…

 

Nous lui saurions gré de se mettre un peu à bosser mais rien n’y fera, ce en quoi il n’a pas tout à fait tort. Les études sont donc quelque chose d’assez insignifiant. Allez chercher ce qui pourrait être intéressant dans la connaissance des philosophies néo-libérales sénégalaises pour un futur prof d’histoire. Allez savoir ce que le cours de créativité apportera à un contrôleur de gestion. Allez comprendre pourquoi le cours d’ancien Français est encore enseigné en lettres modernes.

 

La contrainte des études est heureusement assez lâche pour les heureux faqueux. Une présence peu indispensable en cours d’amphi. Et pour cause. Lorsque le maître de conférence entame son monologue, qui durera quelques heures et qui traitera du sujet « la réticence dolosive dans le contrat d’entreprise », en ouvrant son manuel qu’il lira -mal- et en baillant, qu’il est à 350m de votre tablette et qu’il fait une douce chaleur humide dans la salle, vous commencerez à prendre vos notes avec courage. A la fin, vous dormirez.

 

Des études sans examens. Le rêve de chaque étudiant mis à part quelques fayots. Vous imaginez le bordel que ce serait ? Les campus se videraient lamentablement en même temps que les fûts. Les rues seraient jonchées de déchets. Même les étudiants en sport arrêteraient de courir.  A la place, lorsque la date fatidique des exams arrive, l’épidémie du par-cœur-débile recommence. Au lieu de faire vos jeux, faites vos fiches. Le métro se remplit d’étudiants avec leurs fiches qu’ils lisent et relisent comme si ça entrait. Au bout des sept ou huit lectures, ça finit par vaguement atteindre le cerveau. En gros la partie « transit » de votre micro. Sitôt les exams passés, ça ressort, et avec un peu de chance, si c’était bien entré la première fois, exams en poche, ça ne risque plus de rentrer une seconde fois.

« Olé, bonheur et plaisir, j’ai mes exams, à deux points !

- Pas moi, à deux points aussi »

La justice qui fait mal. Un coefficient mal placé et c’est l’année foutue, les mêmes cours, les mêmes profs, et les gamins en plus.

 

Ah, quand on est étudiant, ce qu’on peut critiquer les études. « J’en ai marre, je veux gagner ma vie, je veux travailler ». L’approche de la dead line se soldera en fait assez souvent par une inscription en DEA de sociologie ergonomique ou en thèse de sexologie marsupilamienne. La peur du monde du travail.

 

En gros, les études sont une période improductive bizarre dont on ne sait sortir. Et quand on voit ce que c’est de travailler, on comprend pourquoi on s’y accroche…

 

 

 

Nobod.


 

Jeudi 09/12/1999

 

LA SAGA DES JAIMPA

 

J’aime pas le travail. Je voudrais faire un hymne à la glande bien subversif. D’aucuns promurent par le passé les valeurs du travail. Ils se trompaient dans leur base de départ. Le travail n’est pas une valeur, il a de la valeur, en tant que marchandise. Qu’on ne vienne pas me faire croire que le travail est positif en soi. Le seul truc, c’est qu’on ne peut pas s’en passer, non parce que c’est une drogue, mais parce que les machines ne font pas tout.

L’accomplissement par le travail. Encore une foutaise que bon nombre d’entre nous espérons que ce n’en soit pas une, parce que les jeunes euromanagers que certains rêvent de devenir s’imaginent plus en salle de marché les pieds dans des Bally que les doigts de pied en éventail à Bali (ça marchait pas avec Church’s ou Weston, désolé). Et on l’aura tous bien profond (mais ça, c’est une surprise de la world company, vous verrez).

L’épanouissement par le travail. Rien de plus désolant comme thème. Si j’étais une femme, ça me choquerait beaucoup que mon homme me dise ça. Comme je ne suis pas une femme, ça me choque beaucoup que les filles disent ça. C’est vexant pour nous. Et puis ça ne rime à rien, ils / elles ne vont pas me faire croire que ça les amuse de se lever le matin à 7h ; les yeux collés, de rentrer le soir crevés, de dormir le week-end, de partir 5 semaines par an, de se faire engueuler par un boss, de diriger des abrutis, de prendre des cafés avec des collègues nases et de bouffer avec ces mêmes nases quotidiennement, d’attendre l’Heure correcte pour quitter ce plateau où l’on m’épie, d’en venir à acheter le Monde le soir et à regarder la Fureur le samedi, d’être fatigués passé 23h, de considérer enfin que c’est comme ça et qu’on n’a pas le choix ?

 

Les dites « valeurs » du travail comme l’opiniâtreté sont quand même un peu faiblardes face à la déconne. Quelqu’un d’opiniâtre est en général chiant, manque d’humour. Il est souvent borné.

Quelqu’un de travailleur. Se dit d’un looser courageux mais inefficace et gentil. « Il est niais, mais ce qu’il est travailleur ».

Courageux : qui continue à avancer même face à un mur.

Pareil à lui-même, pas lunatique : toujours chiant.

Méritant : qui a passé beaucoup de temps pour faire un truc pas terrible mais bon, il y a passé du temps.

Généreux : qui fait des heures sup’ sans jamais obtenir d’augmentation.

Proactif : hyperactif nerveux.

 

 

Un jour, un type qui s’emmerdait beaucoup dans la vie, qui n’avait pas d’ami et qui, pour qu’on se souvienne longtemps de sa phrase magique a dû au moins se pendre en grimpant à sa propre corde pour faire style je bosse a dit : « le travail, c’est la santé ». Soit il était médecin et personne n’a jamais compris son sophisme, soit il était non seulement déprimé et j’aime pas trop ça, mais il était aussi plus bête qu’intelligent.

 Qui n’a pas plutôt entendu la belle, triste et si vraie sentence « se tuer au travail ». Entre les deux proverbes, mon cœur ne balance certainement pas.

 

Beaucoup plus tard dans l’histoire des proverbes à deux boules de notre très chère langue, on a aussi dit « travailler comme un Turc ». J’ai rien contre les Turcs mais il faut quand même admettre qu’on aurait jamais dit ça des Italiens ou des étudiants. J’ai même entendu au travers d’une conversation « un travail d’Arabe » ce qui dans un pays de sales racistes doit vouloir dire mal travailler alors qu’on sait bien que ça signifie seulement un travail accompli par un Arabe. On aurait mieux fait de dire un travail d’étudiant.

 

En bref, il est temps de remettre à leur place des valeurs qui n’en sont pas, qui poussent les déconneurs à la dépression, qui font tomber les cheveux et pousser les rides. Et pour ceux qui ne sont pas convaincus, allez voir dans votre Larousse l’étymologie du terme travail : du mot latin trepalium, instrument de torture. Alors, vous voyez ?

 

Glande, je t’aime.

 

 

Nobod.


 next : http://nobod.over-blog.com/article-142009.html

et http://nobod.over-blog.com/article-118947.html

Par Nobod - Publié dans : Antique Site
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