Once upon a time. La saga des jaimpa est née, morte et revient comme au premier jour. Faute de disposer de temps suffisant pour écrire un historique du site antique, le premier site de Nobod, vous trouverez ci-dessous ce qu'il y avait dedans, à quelques exceptions près. Amusez-vous bien, et excusez les aspects démodés dus au temps qui passe... Ca date un peu !
Samedi 02/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Le plan loose : « on mange un sandwich ensemble demain ».
Jaime pas les sandwichs. « A midi, jai mangé un sandwich et une pomme ». Triple faute. Il commence mal. Dabord, linterlocuteur sen fout. Ensuite, cette phrase nengage pas à la discussion (que voulez-vous répondre à ça ?) Enfin, le pire, cest quil ne ment pas (ou alors, cest vraiment un pervers). Il a effectivement mangé cette saloperie de repas. Dailleurs, si on rajoute la pomme, cest plutôt un repas équilibré féminin dietetic attitude. Bon, depuis linventeur du sandwich, laccusé a bien évolué. Cest du sur mesure, ou presque. Sur mesure et mal coupé. Il y a : le bon vieux sandwich à la baguette, le pain suédois (en vogue actuellement), le Kebab (ça reste un sandwich, désolé), lhamburger, le bigburger, le big mac (encore des sandwichs, tout ça), le smallburger, le hot dog, le croissant à lémincé de volailles, les trucs sous cellophane en pain de mie ignoble, les paninis (sandwichs toujours) Niveau ingrédients, tout est possible aussi. « Gouttez moi ce petit panini au caviar Ca reste du caviar.
- Oui, mais ça reste aussi un sandwich ».
Certains anticapitalistes disent que le sandwich est une invention des patrons pour que les salariés perdent moins de temps à table. Sauf que vu que les patrons ne sont pas débiles, ils ont tôt fait de comprendre que le sandwich met de mauvaise humeur pour la journée, et que cela nuit au travail.
Malade de lefficience, obsédé par les ratios (vitamines / crudités / aliments rouges), aficionado du pas cher, hypocrite lorsquil est « servi » avec une serviette (la mayonnaise glissera quand même sur le chemisier...). Le sandwich est un menteur. On ne se sent pas bien après un sandwich. La bouche est pâteuse, les incisives conservent harmonieusement un bout de salade ultra visible, le nud se forme au fond de la gorge parce que tout ça fut mangé trop vite. Une petite somnolence, limpression que le ventre va éclater, puis deux heures plus tard, la dalle.
Un sandwich se mange debout ou assis mais mal assis. Cest une caractéristique que je lui associe volontiers. Manger debout de la merde, pourquoi pas une perfusion en guise de repas ? Tout cela nest pas très convivial.
Le plan drague : « je tinvite au resto ». Le plan loose : « on mange un sandwich ensemble demain ». Le plan super loose « je te paie ton sandwich demain ». Si elle accepte, elle est à vous On ne peut pas offrir un sandwich, cest comme si un fiancé offrait à sa mie une paire de chaussettes. Ca ne soffre pas. Le pire est le sandwich mangé en marchant. Civilisation bizarre où les gens pensent perdre leur temps lorsquils mangent, ils vont et viennent, laissent tomber un bout de poulet, puis duf, sen mettent pleins les doigts, percutent les passants puisquils ne voient plus que leur sandwich. Ils devraient donc au moins sasseoir.
Il est accompagné dune pomme ou souvent dun coca. Histoire de faciliter la digestion (tout véritable habitué des sandwichs bien dégueulasses arrête le sandwich ou se met au coca) et de faire couler tout ça puisque la radinerie en mayonnaise ou beurre na pas de limite. Lacheteur de sandwich est pressé. Donc cest dans la rue quon lachète, au milieu de la foule qui vous pousse et sénerve parce que vous grognez à cause dabsence ou quasi-absence de surimi alors que cétait dit sur létiquette et que cétait pas normal etc.
Aujourdhui, on a donc construit des sandwicheries. En gros des baraques à frites sans frite. Les serveuses sont laides, contrairement aux boulangères, les vraies. Ca sent le pain congelé et la viande agglomérée. Il faut être speed. Cest assez propre par terre, trop pour être honnête. Tout ça est aseptisé. Ce qui sous-tend quelque chose... La sandwichère vous sert comme dans un self, sauf que cest moins bon. La mauvaise humeur est de rigueur. Cela dit, je comprends que vendre des sandwichs nest pas passionnant. Mais pour le couillon qui va déjà passer un sale quart dheure à mâcher son infâme repas, un sourire est la moindre des choses.
Sandwichs, on aura votre peau. Un jour, on vous renverra au seul endroit où on vous supporte, les pique-niques. En attendant, vivent les steaks-frites.
Nobod.
Dimanche 03/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Le « je-raconte-ma-vie »
Jaime pas les gens qui racontent leur vie. Chacun peut considérer quil mène une vie extraordinaire, ce en quoi, étant le seul à la vivre, il est théoriquement le mieux placé pour pouvoir juger. Malheureusement, nombre de prétentieux ont tendance à clairement exagérer limportance de leur vie au sein du monde temporel. Vous avez certainement déjà vécu la situation suivante. Une soirée, un cocktail, un dîner, bref, un lieu de rencontres (au sens général). Une personne avec laquelle vous entamez une discussion. Et cette personne na rien à dire. Au bout dun instant, vous trouvez un prétexte pour la quitter. Même contexte mais maintenant avec un casse-couilles. Beaucoup plus complexe. Il faut savoir se dépêtrer des griffes dune personne qui vous empêche de la quitter. Il faut chercher le moment de faiblesse, la faille dans le jeu de lacteur. Vous le guettez, cet instant de bonheur où vous pourrez le lâcher. Avec un peu despoir, vous attendez le passage dune personne, ou le moment creux de la discussion. Et rien ne vient. Le « je-raconte-ma-vie » continue son cirque tranquillement.
« Et tu sais pas ce qui mest arrivé ? » Phrase typique face à laquelle on ne peut rien faire, et même rien dire. « Allez, raconte » ou « Ta gueule connard ». La politesse gagne toujours. Il reste quelques chose à faire. Parler à sa place, il ny a pas de raison de souffrir seul. Essayez de prendre la parole. Sans cesse il revient à lui, à sa vie.
« Cest comme moi, sauf que là, cétait encore plus grave ». Sa vie est une aventure, ses anecdotes sont plus intéressantes que les vôtres, il vous coupe la parole sans cesse. Cest un monstre. Vous baillez, mais il insiste.
Vous cherchez désespérément une victime candidate au remplacement. Mais les gens qui le connaissent ont tôt fait de léviter, ou, pire, de faire quelque salamalèque avant de repartir et de vous laisser dans le désespoir. Il vous reste la solution : les toilettes. Mais il vous retrouvera plus tard. Finalement, la solution, la seule, la vraie, cest linsulte. « Mais tu me gonfles, jen peux plus de tes sornettes, je pète un câble. Tais-toi, fous le camp, vas-t-en, je peux plus te supporter espèce dégocentrique de merde ». Tout le monde sest retourné vers vous. Vous vous êtes emporté. Quelle honte, la réprobation générale se lit sur les visages. Les autres ont tenu face au casse-couilles par le passé. Vous devez passer la même épreuve queux. Le supporter. En attendant, le lourd est parti loin de vous, il est bien calmé. Vous avez perdu vos potes mais vous êtes calmé. Ouf.
Plus tard, vous repenserez à cette personne en culpabilisant un peu. Mais que voulez-vous faire. Vous nen pouviez plus. Celui qui raconte sa vie est en quelque sorte déconnecté des autres. Son discours existe par lui même alors que le propre du langage est dêtre un outil de communication. Pour lui, le discours est une fin en soi. Soit vous tombez sur quelquun qui raconte sa vie qui est intéressante. Pour peu quil y ait dautres personnes autour de vous, vous allez passer pour lautiste de service, alors quil se magnifiera devant les autres. Soit il na rien à dire dintéressant, et vous resterez seul avec lui à attendre que le temps se passe, tous les autres étant rapidement partis
Ce qui est étonnant chez ces personnes là, cest leur capacité dabstraction. Lautre nexiste quen tant que récipiendaire dinformations qui senchaînent.
Cest insupportable. Taisez-vous, bavards impolis !
Nobod.
Lundi 04/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
16h du mat. Réveil naturel.
Jaime pas les dimanche lendemain de cuite. « Tiens, on est dimanche ». Le regard hagard dun lendemain de cuite, lancé agressivement sur sa montre pour montrer que cest le seul jour où il est maître de son temps ; le jeune dominical émerge. « Putain, on est dimanche ». Messe pour les cathos, téléfoot pour les beaufs, moule pour les autres. Cest fou comme on peut faire de choses en une journée. Cest fou ce que lon peut ne rien foutre un dimanche
« Tiens, il fait moche ». Comme par hasard, ça tombe un dimanche. Généralement, il fait beau le matin, juste pour te montrer que la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt, alors que, te levant vers 11h pour les plus courageux, tu vois au loin un fond de ciel bleu qui sen va et des gros nuages qui arrivent. Le reste de la journée sera pluvieux. Le réveil est inamical, lair est frais et les voisins qui se lèvent tôt sont lourds. « France Info 11h ; Football, lOM repasse en tête du championnat ». Le voisin lève-tôt choisit le dimanche pour être sourd et mettre sa radio à fond. Je sens bien la journée pourrie. Peu dappétit après un lever tardif. Cet après-midi, quest ce que je fais ? Rien de prévu à 14h. 15h, toujours rien, ça commence à urger. La sale tradition du dimanche en famille fait que ceux qui ne font pas ça ont du mal à trouver quelquun pour faire quelque chose. Dailleurs, après une morne balade écourtée pour cause de paresse, je retourne mouler chez moi. En attendant lundi
Le dimanche en famille est assez énervant également. Déminage aussi. Le bon canard ne passe pas. Les frites sont lourdes et lhumeur est mauvaise. « Raconte ta soirée à tes parents.
- Ouais, cétait sympa, pas mal de monde, bonne ambiance (en aparté : jétais bourré comme un coin, la mine du siècle, lâchez moi cinq minutes). Fin de repas, seul le café est le bienvenu. Et proposition de promenade familiale. « Euh non, là, jai du boulot ». Laprès midi se terminera en sieste
« Tiens un dimanche où il fait beau. Oui, mais là, jai vraiment envie de rien foutre. Je vais mater Stade 2 et vidéo gag. Que du bonheur. Vivement lundi. »
« Putain 11h, et moi qui devais partir pour la journée au bord de la mer. Bon, bah je vais mouler tranquille. Jirai la semaine prochaine (cest ça, je me donne bonne conscience comme je peux ) ».
« 16h du mat. Réveil naturel. Peux plus dormir. Un mac do simpose et je retourne me coucher. Faut que jarrête de boire ».
Toutes ces journées sont plus ou moins zappées par les victimes de la paresse et du samedi soir. Rien à faire. Le dimanche, cest la journée de la glande, je mennuie et je ne fais même pas ce que je devrais faire. Le repassage attendra demain. Dailleurs, jai pas lavé mes fringues. La vaisselle ? Quimporte, demain, il fera jour et on verra bien.
Et puis, regardez ce que font les autres : vous croyez quils samusent ?
Non, ne rêvez pas, ils font semblant :
« 7h30, je me lève, douche, promenade en roller puis petit déj croissant à 9h. Ensuite, re-douche puis marché, repas sain, pas de sieste, grande balade en forêt. Le soir, ciné avec des potes et tout et tout ; ce soir, jaurai fait quelque chose de ma journée, moi ».
Et alors, grand sot, si ya une journée pour mouler, cest pas le dimanche ? On voit bien que tu fais pas la teuf le samedi toi. Et puis savoir mouler, cest aussi un art de vivre. On éponge les excédents de guronzan et au moins, le lundi, nous, on est contents dêtre au bureau
Nobod.
Mardi 05/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
une nana maquée, cest consternant et chiant
Jaime pas les filles maquées.
« Cette nana là, jme la branche » : quelques instants plus tard, il sapproche :
: « Tes une amie de Bidule (celui qui organise ou se trouve à proximité) ? »
-Heu, non, non je suis venue avec Machin
-Ah ouais ? Sympa. Tu fais quoi à Paris ? Fac ? Ecole
-Je suis en fac de droit à Trifouillis
Silence, il boit une gorgé de son alcool et la demoiselle regarde deux autres personnes discuter à côté
Il réessaye :
-Et quest-ce tas fait cet été ? »
-Oh ! Je suis allée en Bretagne avec mon copain et puis il ma emmené trois semaine en Israël, cétait vraiment magnifique Et ensuite on est allé chez ses parents dans le Luberon ou il ma appris à faire du cheval et du kayak. Parce quil est musicien mais très sportif aussi. Et »
Le jeune homme linterrompt : « Ouais OK, je vais me chercher un autre verre... ».
Oui, comme vous pouvez le constater, une nana maquée, cest consternant et chiant. Dabord, elle se permet dêtre attirante parce que les maquées sont les plus jolies et les plus sympas (forcément, les winners ne sont pas fous). Ensuite, elle se laisse approcher comme une célibataire, et enfin, elle attend quelques minutes pour te prévenir que tu nas aucune chance au lieu dêtre tout de suite claire sur les vices cachés. Si toutes les nanas maquées le criaient haut et fort dès quun type sapprochait delles, elles arrêteraient de se plaindre de se faire draguer tout le temps. Finalement, elles doivent assez apprécier.
Il y a pire que la nana maquée et heureuse avec son mec. Lautre ne se plaît pas avec lui, te plaît à toi, te raconte ses problèmes avec ses mecs pendant que tu restes lidiot du village. Le bonheur. Jai lair malin. Vive cette nana que je me ferai pas, mais dont je dois tout supporter. « Tu comprends, je suis pas folle de lui, il a plein de défauts, mais ça fait tellement longtemps, je veux pas tout casser. Toi, cest différent, tu vois
-Je vois que dalle, sauf que je suis lidiot de base. Merci pour tout et ciao ».
La nana maquée te laisse généralement un espoir quelle ne le soit pas très longtemps (elle insiste bien sur le fait quavec son mec, cest pas au top). Histoire que tu perdes bien ton temps à espérer parce que, quelle soit maquée ou pas, elle ne voudra pas de toi
« Je me suis fiancée cet été ». Ouh, la claque. Javais pas regardé ses doigts. Je ne me fais pas à mon grand âge, les couples se fiancent et se marient. Encore mieux : « tu sais quoi, cest vraiment super, je suis enceinte ». Vlan, et dire que je ne savais même pas quelle avait un mec. Cest pas moi le père, dommage, quoique jen ai pas envie. Et puis elle sait pas ce quelle perd. Dailleurs elle est un peu grosse finalement. Et puis quand je vois la gueule de son mec, maintenant, je me dis quelle doit être un peu conne. Ah, je lai échappé belle. Quel fion, ce boudin !
Heureusement, la fille maquée donne peu de temps encore envie. Elle se « mamifie ». La teuf devient un souvenir, les ambitions disparaissent, le couple se range, bientôt les enfants et tout le bonheur du monde. Ah, quel soulagement, souvent, elles deviennent laides à force dêtre maquées, à croire que toute envie de séduire leur a échappé depuis quelles ont mis le grappin sur le pauvre innocent (un salopard entre nous). Bien fait pour elle si elles se font larguer.
Non, je déconne,
Bon les filles, reste-t-il sur Terre une nana sympa et célibataire ???
Nobod.
Mercredi 06/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
Jaime pas les informaticiens. Baaahhh Dans le genre ringard, il est très fort. Autant quen informatique où il excelle Inexpression du regard caché derrière des culs de bouteille, les cheveux souvent gras, voilà notre informaticien adoré. Celui dont on aime bien se moquer parce quil nous paraît plus intelligent mais quil a quelques tares. Quest ce que cela veut dire ? Seuls les scientifiques seraient intelligents de nos jours ?
La description de linformaticien est galvaudée. Malheureusement pour lui, souvent, il nest effectivement pas au top esthétiquement. Excusons le pour cela. En compagnie dun informaticien, il faut accepter le silence. Sinon, place aux blagues de scientifiques, et là, la journée commence mal.
« Tu sais ce quon a fait avec Paul ? On a piraté le profil au boss à Jean (ils sont toujours entre mecs). Maintenant, à chaque fois quil ouvre sa session, il y a une bite en fond décran en érection et quand il la ferme, elle est au repos ». Super, génial, voire drôle. Ou bien nul, désolant, pauvre type, lâche moi.
Voyager en train avec un informaticien peut paraître intéressant. Non, cest chiant. Lorsquil va sortir de son humour quon qualifiera gentiment de bien pourrie, linformaticien se mettra à parler de la force centrifuge origine du TGV pendulaire, qui, selon son inclinaison vers lintérieur du virage, ne déraillera pas. Vous finissez par réussir à le faire taire, simulant quelque somnolence. Il sort un magazine. Monsieur lirait-il ? Non, non, ce nest pas de la lecture, cest de la programmation. Vous le sentez réfléchir, ça bouillonne là-dedans. Il se ronge les ongles quand ça fume et pousse des petits cris quand il comprend. Poliment, vous lui demandez :
« Un problème ?
-Non, mais cest ce truc là, tu sais, cest pour . ». Il décolle dans une explication qui ne ressemble à rien. Un mot sur deux vous est inconnu. Il ne parle même pas Français correctement. Il revient en arrière, ne fait pas de plan dans sa pensée. Vous vous demandez comment il peut se retrouver dans ses explications mais il tient bon. Poliment, vous lui avouez que vous ne comprenez pas mais que ce nest pas grave. Poliment, vous ne lui avouez pas que cest un pauvre type qui ne sait pas sexprimer, quil commence à vous gonfler sévère, et que sil pouvait arrêter dêtre expressif uniquement face à son écran, il se ferait peut-être plus de nanas.
Retrouvons le en soirée. Il se la met minable, ne tiens pas lalcool parce quil ne boit jamais, sauf en soirée où il se prend systématiquement une énorme mine. Il vomit un peu partout, branche toutes les nanas sans en approcher une, porte des baskets et un T-shirt bien beauf (genre American attitude Nike air Jordan ; ho ho, à ton âge, cest terminé les idoles du basket). Bref, il est informaticien et par conséquent déconnecté de son environnement, sauf pour le sport avec ses copains de promo aussi graves que lui.
Il sort peu, ne connaît pas le mot théâtre, ni art. La dernière expo quil a vu était le palais de la découverte en 3e et il en garde un bon souvenir parce quil a vu les faisceaux optiques et tout et tout. Le cinéma nexiste quen ce qui concerne les films américains avec des effets spéciaux et en plus, si ya une bonne scène de cul et un peu de violence, Monsieur sera servi. Les prochaines vacances, il partira avec ses copains de promo se mettre une mine dune semaine en camping où ils essaieront au départ de brancher et termineront bourrés.
Dans lentreprise, linformaticien est redouté. Indispensable et redouté, ce qui va souvent de pair Vous avez besoin de lui ? Appelez le Help Desk. « Mon ordinateur a planté et je ne retrouve pas mon profil. Il va généralement vous demander ce que vous avez fait. Heu rien, ça a planté comme ça »(vous nosez pas dire que vous avez cliqué sur tout, quil y a eu des bruits bizarres avec des messages davertissement en anglais que vous ne compreniez pas
Dans les cas les plus complexes, il se déplace. Et la danse de linformaticien recommence. Rictus inquiétant, mulot mis à lépreuve, il ouvre tout sur votre écran. En moins de dix secondes, tout est réparé, et il se permet même de vous expliquer la panne. Tout ce que vous comprenez, cest que cest de votre faute, quil ne faut pas accepter le profil local (?) mais le profil itinérant (?). Bref, il repart comme un informaticien, sans démarche. Vous navez rien compris, mais vous savez que moins vous aurez de « contact » avec lui, mieux ce sera
Quelques années plus tard, nous retrouverons notre ami lors dun discours où il aura mis sa cravate en polyester, dans une grosse entreprise où il aura eu une petite promotion. Le discours sera mauvais, bafouillant. Il aura les mains moites et la gorge nouée. Ah, on flippe moins devant son écran de micro, hein ?
Voilà pourquoi jaime pas les informaticiens. Dailleurs, je suis une grosse burne en informatique
Nobod.
Jeudi 07/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
ce sont des stars au démineur
Jaime pas les fonctionnaires et assimilés. Déjà, je me fais un bon nombre (trop important ? ) dennemis en écrivant cette première phrase. Courage, disons la vérité. On nous aurait menti ? Le fonctionnaire est en quelques mots, une personne qui ne fout pas grand chose, récrimine tout le temps, nest pas stressé et bouffe nos impôts. Le saligaud, il serait peut-être moins bête que les autres après tout.
Le matin, le voilà avec sa petite sacoche, le canard du coin dedans (le fonctionnaire se veut « informé »), lallure décontractée dun fonctionnaire (délicate à décrire autrement). Et là, tu te demandes : que peut-il bien mettre dans sa sacoche ? Il ne va pas me faire croire que, le soir en rentrant chez lui, il bosse ? Je ne peux pas croire quil transporte tous les soirs dans sa sacoche des stylos et des cahiers quil a piqués au bureau pendant la journée pour faire des économies. La sacoche reste un mystère. Il ne doit pas y avoir grand chose dedans. Juste histoire de.
Le revoilà le soir. Cest lui qui ouvre le plus le col de sa chemise parce quil a beaucoup travaillé et que sa belle cravate le sert. Il a lair frais comme un gardon, comme le matin. Regardons lheure. Ouah, 18h, et pas une seconde de plus. Il a rangé ses meccanos et débranché le micro, il attend patiemment devant sa porte son heure. Dailleurs, comme il avait terminé son boulot prévu à 17h, il na rien fait depuis. Pas la peine de commencer une nouvelle chose pour une demi-heure de travail. Non, une heure. Non, une demi-heure, à 17h30, je commence à ranger. Qua-t-il fait de sa journée ?
La description du néant nétant pas chose facile, je laisserai cette tâche à dautres.
Le fonctionnaire est un plaignant infatigable. Il quémande, se débrouille mieux que quiconque pour se taper 7 semaines et demi de congés. Sil était moins paresseux, il irait volontiers manifester pour tout, les impôts trop élevés, le régime turc fasciste, les 22h de travail mensuel etc Il déteste aussi lautorité de son supérieur. Lordre du supérieur est absolu, mais cest un con. Dailleurs, il est incompétent. A la limite, sur ce point, nous pouvons nous accorder, le chef dun fonctionnaire nétant quun autre fonctionnaire
Il est paresseux pour la manif Quoique. Assez souvent, il se lâche. Cest pas le tout, mais, une titgrève serait pas malvenue. La rentrée est dure, début octobre, après un mois de bureau et 6 semaines de vacances, un peu de repos payé hors congés fait du bien. Cherchons une revendication. Ca y est, jai trouvé : un chien est mort de crise cardiaque proche du métro. Insécurité, salaires, les banderoles se montent, dommage que Paris soit bitumé, cest trop fatigant pour retirer les pavés
Pour travailler, il a un ordinateur. Souvent, cest un Bull, Etat actionnaire oblige. Le jeu de mots est trop facile
Dailleurs, généralement, il est bien planqué derrière. On ne sait toujours pas ce quil fait.
Un détail de la journée, la pause café. Comme le fonctionnaire tient à sa santé, il a arrêté le café. Il en prend deux le matin et un laprès-midi. Les quatre autres pauses, il discute de tout et (surtout) de rien. Histoire de rester sociable. Ou alors il expose avantageusement ses résultats à Tétris tout en se rétractant rapidement en affirmant avoir bossé ce matin comme une brute.
Mais lessentiel nest pas là. Le fonctionnaire a une tâche noble, il sert lEtat, et par là nous-mêmes. On ne sait pas trop comment, mais il le fait, cest sûr. La preuve ou au moins une illustration très élogieuse ? Si vous payez des impôts, cest bien que ça sert à quelque chose, non ? Ouais, à quoi par exemple ?
Bah, faut bien payer les fonctionnaires. Et puis après tout, il vaut mieux être fonctionnaire que chômeur, cest presquaussi cool mais mieux payé, bref, la retraite avant davoir bossé
Nous, aigris du privé, on aimerait bien être fonctionnaires finalement, ça doit être rigolo. Et puis ce sont des stars au démineur
Nobod.
Vendredi 08/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
De « Evite de mappeler au bureau », on est passé à « je suis ultra joignable, mes cinq adresses mail, mon portable et le fixe, fax voire pigeon voyageur ».
Jaime pas les stages. Jaurais tout essayé, mais jaime pas les stages. De super motivé business attitude à démotivé totalement dégoûté, il ny a quun stage. Et Dieu sait quil faut être un peu fou pour arriver motivé à un stage. Généralement, le stage te grille un été. Il te paie assez mal par rapport à ce quil tapporte comme galère. Il tapprend peu de choses. Pourtant, nombre de victimes arrivent motivées. « Ouais, cool, les collègues ont lair sympa et dynamiques, cest une belle boîte, super, il va falloir que jassure ». Tu vois déjà le plan de ton rapport, lembauche future, bref, la business attitude.
Où quil bosse, en banque, administration, production, conseil et quel que soit le service, quelques semaines plus tard, voire mois pour les plus optimistes, notre stagiaire nest plus le même. De nombreux changements sont intervenus dans son discours :
De « Non, ce soir, je sors pas, jai une présentation hyper importante demain, tu sais, pour le meeting X », on est passé à « Ouais, grave on sort, ce soir, je me prends une mine, de toutes façons, la présentation demain, je men tape, cest tranquille ».
De « Ouais, ça a lair super intéressant, mais jai des horaires assez serrés », on est passé à « Ouais, cest chiant, mais je branle pas une ramée ».
De « Demain, je me lève à 6h30 » ou « Tiens, il est 5h, encore deux heures de boulot », on est passé à « Demain, je me lève à 9h » ou à « Tiens, il est 5h, je me casse».
De « Evite de mappeler au bureau », on est passé à « je suis ultra joignable, mes cinq adresses mail, mon portable et le fixe, fax voire pigeon voyageur ».
Les changements nont pas opéré que dans le discours. Dans le comportement aussi. Lapproche nest plus la même. La démarche assurée vers la salle de réunion est devenue une démarche tranquille vers la cafet. Son côté proactif est maintenant son côté profestif. Il est connecté sur internet, sur outlook et sur ses deux téléphones. Il joue au baby et fume des joints, le stagiaire, cest vraiment un branleur
Le stagiaire semmerde. Alors ça, il semmerde. Trois semaines pour rendre un truc quil va torcher en deux jours, sachant quil sera quand même en retard sur la « dead line », histoire de. Mais tout ça dure un temps, les occupations internet, téléphone et mails ne pouvant trop séterniser. A ce propos, on se demande ce que pouvaient faire les stagiaires avant ces magnifiques inventions (peut-être bossaient-ils, eux, mais cest une autre question). Il devient par conséquent irascible, grognon, encore plus démotivé. Bref, il ne fout plus rien, même le peu quon lui demande.
Entre deux pauses boulot, il se fait un après-midi tchatche pour peu quil ait trouvé un autre glandeur de la race des stagiaires. Il ne connaît pas son bonheur. Le stagiaire solitaire apprend la dure vie de glandeur unique. Et cest pas facile tous les jours. Même si les gens sont plutôt sympa avec lui. Ce qui nest pas évident. Souvent, il finit par prendre en grippe son boss qui ne délègue pas. Il a parfois envie de le frapper. On ne lui parle pas. Cest lhorreur. Il moule quoi.
Il aura au moins reçu une expérience. Tu parles, lexpérience de la loose ? Super. Et la formation ? « Ouais, je suis un pro doutlook et explorer ; à la limite, même powerpoint, jai bien progressé ». Sans parler de la photocopie où il excelle. Et il semmerde, il semmerde
Et le temps passe, le stage se termine, les bitures continuent et lannée recommence.
« Le prochain stage, je bosse » ou « Jarrête les stages »
Nobod.
Samedi 09/10/1999
LA SAGA DES JAIMPA
60°C sur la piste, 7 personnes au mètre carré dont six mecs, 15 000 watts de beat de merde, un DJ sourd, des lasers qui te brûlent les yeux
Jaime pas les boîtes de nuit de conserve. Les soirées sont théoriquement faites pour samuser, non pour se battre, simmoler, sétouffer ou devenir sourd. Autant jaime bien la techno, autant je ne supporte pas la trash-ta-mère-hard-music. Ca ne ressemble à rien.
Samedi soir, tu es content, limite sur un plan, en train de picoler innocemment. Un badaud lance lidée de la boîte. Quelques remarques à ce propos. Dabord, on ne sort pas en boîte le samedi soir, surtout à Paris, cest bondé et ringard. Le badaud devrait savoir que cest en semaine quon sort, quand les beaufs sont au lit. Et puis, franchement, il vaut mieux zapper une journée au bureau plutôt quun dimanche. Ensuite, il aurait pu choisir autre chose que cette boîte de fous. Enfin, si lui était bourré et avait donc envie de danser, cétait son problème, pas celui des autres qui supportent lalcool et qui ont du mal à samuser en boîte sans Merlot. Mais revenons à ces fameuses boîtes à bétail.
Larrivée. Elle est malheureusement souvent aussi difficile que le départ. Si la boîte est branchée, tu attends une bonne demi-heure dans le froid avant de te retrouver devant un videur de 2m40. Déjà, lenvie de faire la fête est bien atténuée. « Vous avez oublié vos copines ? ». Tu passes pour un nase. Comme si le jour où on est déjà avec des nanas, on a envie daller en boîte Avec un peu de chance, il te fera économiser 120 boules en te refusant, les espadrilles étant formellement trop prestige pour ces petits ringards. Si par malchance, tu entres, la galère ne fait que commencer
La soirée. Avec un peu de chance, tu es déjà bourré. Sinon, tu es mort. Lambiance est chaude, 60°C sur la piste, 7 personnes au mètre carré dont six mecs, 15 000 watts de beat de merde, un DJ sourd, des lasers qui te brûlent les yeux. « Ouais, cest cool daller en boîte, on séclate comme des oufs ». Avec encore moins de chance, tes amis sont suffisamment nombreux pour faire un cercle de danse. Place aux moulinets avec les bras et autres simagrées ne rimant à rien et qui namusent plus personne passé 16 ans. On se regarde, on sourit bêtement, attendant que la chanson se termine pour séclipser discrètement dans des contrées moins pénibles.
La boisson. Elle est chère, servie au tuyau darrosage pour les modernes (prestige aquarium, on tadore). Il faut la boire vite, avant que la poussière de sueur, de fumée (de cigarette et ils en ont rajouté de synthèse, il ny en avait pas assez) et de crasse ne se déverse dans ton verre. Cest de lalcool, rien à signaler.
Les collègues. Généralement masculins, beaufs ou bourges selon les boîtes. Tous également exaspérants, souvent alcoolisés et te marchant sur le pied pour marquer leur territoire. Surtout, ne pas trop sapprocher deux, ils sont lourds, et on ne peut pas leur parler. Ils sont là pour brancher, cest tout.
Les filles. Rien à dire, si ce nest que pour peu quelles soient mignonnes et pas trop vulgaires, cest quelles ne sont pas pour toi ou quil y a des vices cachés. Les autres sont dans la tendance fion toujours aussi à la mode en ce moment (ça commence à durer un peu trop).
La musique. Trash. Trace
Les lumières. Le seul truc globalement réussi dans ces boîtes, ils ont globalement un jeu de lights danthologie. Sauf que 5 heures de suite de laser ou strombo, ça use la pupille.
Les odeurs. Ca daube.
Lambiance on the piste. Ultra-individualiste ou collective à lextrême, selon quon a à faire à un techno fan, à un couple, ou à un groupe (le fameux cercle). Elle est assez désagréable, les espoirs de rencontre se mesurant proportionnellement à la quantité dalcool ingérée par les acteurs.
Lambiance out of the piste. Boire, et ne pas discuter. Cest cher, mais discuter ne sert à rien. On ne tentendra pas. Le seul intérêt est que tu peux tapprocher très près de la fille en lui faisant croire que cest pour lui dire quelque chose et là, couic ! Les sièges, sil y en a, sont peuplés dépaves et de partouzes semi-habillées.
Le vestiaire. Cest 10 balles, tu nes pas sûr de retrouver tes fringues, tu attends dix minutes de plus et on tengueule quand tu veux faire passer un pull dans la poche de la parka de ton voisin. Les hôtesses sont encore plus connes que les serveuses.
Les serveuses. Des pétasses quil ne faut pas saviser de draguer.
Les videurs. Des ours déguisés en hommes. Généralement noirs et vêtus de noir, ils ne font rien sauf quand ils décident de chopper un mec. Stratégie, se la jouer toujours discret à lapproche de Grocon.
Les chiottes. Ne pas y aller accompagné dun videur A part ça, lodeur est monstrueuse, et un mec finit toujours par sy endormir. Pauvre de lui, il doit vraiment avoir des problèmes
La sortie. Avec le premier métro. Tu te retrouves avec une bande dépaves et quelques mecs qui vont bosser. Si tes encore en forme pour penser, tu te dis vraiment que la vie est injuste. Vivement que je sois au lit.
Le lendemain. Autre sujet
Et dire quil y a des tarés qui vont en boîte tous les week-ends.
Nobod.
Et d'autres... Plus tard http://nobod.over-blog.com/article-142009.html
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